5 mai, Jn 10, 22-30 : Le doute mis en doute.

 In Non classé


Évangile :

On célébrait à Jérusalem l’anniversaire de la dédicace du Temple. C’était l’hiver. Jésus allait et venait dans le Temple, sous la colonnade de Salomon. Les Juifs se groupèrent autour de lui; ils lui disaient : « Combien de temps vas-tu nous laisser dans le doute? Si tu es le Messie, dis-le-nous ouvertement! »

Jésus leur répondit : « Je vous l’ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père, voilà ce qui me rend témoignage. Mais vous ne croyez pas, parce que vous n’êtes pas de mes brebis. Mes brebis écoutent ma voix; moi je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, personne ne les arrachera de ma main.

Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut rien arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. »

Commentaires :

On célébrait à Jérusalem la fête annuelle de dédicace du Temple, anniversaire institué par Judas Maccabée en 165 av. J.-C. pour purifier et restaurer le temple. Antiochos Épiphane, 3 ans auparavant, avait introduit dans le temple l’idolâtrie des Grecs et autres souillures (1 Macc. 4.52-59; cf. 1.54.59). Cette fête se célébrait en décembre et encore aujourd’hui cette commémoration est observée. Elle est nommée aussi fêtes des lumières parce durant les jours de cette fête on tenait dans les maisons des lampes allumées.

Jésus allait et venait dans le Temple, sous la colonnade de Salomon, un portique construit par Hérode, à l’est de l’esplanade du Temple, sur un remblai élevé depuis la vallée de Cédron. Cette élévation donnait l’impression qu’un abîme s’ouvrait sous le mur. Ce portique se composait de deux galeries, formées par trois rangs de colonnes, et recouvertes d’un plafond en bois sculpté. Jésus va et vient sous la colonnade en cette fête des lumières, lui la Lumière du monde, la lumière de la lumière, la lumière qui veut habiter chacune de nos âmes, la lumière qui vient nous régénérer, nous restaurer. Une meute envoyée par les autorités du temple se groupe autour de lui pour l’interroger. Les membres de cette délégation voudraient mettre fin à l’influence de Jésus sur les foules et pour cela, ils doivent trouver un prétexte pour le condamner. Ils entendent bien la rumeur qui court sur Jésus disant qu’il est le Messie, le Grand prophète attendu. Ils sont convaincus de ne pouvoir se trouver devant le Messie, car il est de Galilée et rien de bon ne vient de là. De plus, son origine est connue, il est fils d’un charpentier de Nazareth. De toute manière, le temps n’est pas très favorable pour la venue du Messie, les romains pourraient profaner le temple comme les grecs si jamais César se sent menacé dans son autorité souveraine par un roi des Juifs. Ils ne peuvent nier qu’il fait des œuvres extraordinaires, mais ils doutent de la provenance divine de cette force qui émane de lui.  

La question fuse de la bouche de l’un d’entre eux : « Combien de temps vas-tu nous laisser dans le doute? Si tu es le Messie, dis-le-nous ouvertement! » Jésus n’a jamais joué à la cachette avec son identité, il n’a cessé d’affirmer : Je suis la résurrection et la vie, je suis Celui qui Suis, Je suis la lumière du monde, Je suis le pain descendu du ciel, Je suis le chemin, la vérité et la vie. Qui peut l’accuser d’entretenir le doute et de ne pas avoir le courage d’affirmer qui il est?

Le doute dans le cœur de ces gens serait le résultat de la peur de quitter leurs privilèges si soigneusement acquis. L’enseignement de Jésus donne une place à tous les pauvres, les exclus, les malades, les pécheurs, il pousse même à servir plutôt qu’à se faire servir, à se faire petit pour être le plus grand, à aimer ses ennemis et ainsi de suite. N’est-ce pas cet amour inconditionnel qui fait monter le doute et rend sourd et aveugle sur l’identité de Jésus?

« Je vous l’ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père, voilà ce qui me rend témoignage. Mais vous ne croyez pas, parce que vous n’êtes pas de mes brebis. » Les brebis de Dieu ont soif d’amour pour tous, de justice pour tous, de paix pour tous. Ils ne cherchent pas un petit paradis que pour eux, mais pour tous.

« Voilà une vraie prière, que Dieu, notre Sauveur, peut accepter, car il veut que tous les hommes soient sauvés et arrivent à connaître pleinement la vérité. En effet, il n’y a qu’un seul Dieu, il n’y a qu’un seul médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous les hommes. » (1 Ti 2, 4-6)

Dieu est Père, il est le Père de tout et de tous. Qui peut avoir deux pères, qui peut avoir deux origines? Dieu le Père veut sauver toute l’humanité et son Fils s’est donné en rançon pour nous racheter à l’emprise de la mort et du mal.

Vous ne croyez pas parce que vous ne cherchez que votre intérêt. Le prochain, nous devons l’aimer comme nous-mêmes, alors comment voulons-nous atteindre le salut sans tous les autres, ne sont-ils pas des nous-mêmes?

Ceux qui ne veulent pas le salut de tous n’entendent pas la voix de celui qui vient se livrer en rançon pour tous. Ils demeurent enterrés sous leurs préceptes humains, sous leurs idéologies sans amour. L’amour est pour tous : « Dieu, en effet, a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire miséricorde à tous les hommes. Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la science de Dieu! Ses décisions sont insondables, ses chemins sont impénétrables! Qui a connu la pensée du Seigneur? Qui a été son conseiller? Qui lui a donné en premier, et mériterait de recevoir en retour? Car tout est de lui, et par lui, et pour lui. A lui la gloire pour l’éternité! Amen. » (Rm 11, 32-36)

Vous ne séparerez pas ce que Dieu a uni et ce qu’il vient réunir en son sang dans l’unité de l’Esprit Saint.

« Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un : moi en eux, et toi en moi. Que leur unité soit parfaite; ainsi, le monde saura que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. » (Jn 17, 21-23)

NDC