5 nov, Lc 14, 12-14, Inviter les pauvres

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Évangile :
Jésus était entré chez un chef des pharisiens pour y prendre son repas. Il disait à celui qui l’avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins; sinon, eux aussi t’inviteraient en retour, et la politesse te serait rendue.
« Au contraire, quand tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boîteux, des aveugles; et tu seras heureux, parce qu’ils n’ont rien à te rendre : cela te sera rendu à la résurrection des justes. »
Commentaires :
Quand Jésus est invité à prendre son repas chez un chef de pharisien, il sait très bien qu’il n’est pas reçu par amitié mais par appétit de le prendre en défaut. Jésus s’y rend quand même mais il restera fidèle à lui-même et à tous ceux qui sont exclus par leur malice. Il ne laissera pas les mets gastronomiques de son hôte lui enlever son amour pour tous ceux qui sont oubliés, ni les vins capiteux lui faire perdre la tête et se lier d’amitié pour quelques avantages de boisson et de nourriture. « Je n’ai pas été m’asseoir avec le fourbe, chez l’hypocrite je ne veux entrer; j’ai détesté le parti des méchants, avec l’impie je ne veux m’asseoir.» (Psaumes 26:4-5) Il connaît bien leurs ruses et ne se laissera pas surprendre par le faste de la table et la richesse de sa maison. Comme devant les tables des changeurs au Temple qu’il renverse en leur disant qu’ils ont fait de la maison de son Père un repaire de brigands ainsi il renversera la ruse du pharisien pour la mettre sur la table en lui disant que lorsqu’il donne un festin il devrait inviter des pauvres, des estropiés, des boîteux, des aveugles plutôt que ses riches voisins pour en tirer avantage, sa famille pour les impressionner. Jésus mettra ce qui cache dans le cœur du pharisien sur la table afin de lui enseigner qu’il ne pourra pas reconnaître celui qui vient au nom du Père s’il ne reconnaît la dignité des plus pauvres autour de lui malgré qu’ils ne peuvent en rien lui rendre quoi ce soit en ce temps-ci. Il lui apprendra que notre amitié pour ceux que nous aimons vaut notre amour pour tous ceux qui nous entourent car comment maintenir notre amitié au jour du malheur que si nous n’avons d’amitié que pour ceux qui font comme nous. Les vrais amis nous les connaissons souvent qu’au jour du malheur car quand tout va bien pour nous comment savoir qui sont nos amis. Mais il est une façon de savoir qui aura du cœur en nos jours de malheur, de savoir ce qu’il y a dans le cœur de quelqu’un. Il suffit de l’observer avec les plus pauvres. S’il montre froideur et dureté envers ceux qui ont la même dignité que n’importe qui pourquoi en aurait-il pour moi si par la maladie ou injustice, je deviens infortuné.
Il faut se garder de celui qui donne que pour recevoir le comparable car à y regarder de près nous pouvons constater qu’il veut toujours en tirer plus. Car celui qui ne fait que prêter ne donne rien pas plus son amitié puisque ce sont ces biens qui lui sont le plus chers. « Nul n’a plus grand amour que celui qui donne sa vie pour ses amis. » (Jean 15:13) et la vie ne peut se rendre comme nous pouvons rendre un bien qui passe.
Comment ce pharisien peut-il reconnaître la bonté de Dieu qui lui donne la vie sans rien demander en retour, comment peut-il le remercier pour ce qu’il reçoit, lui qui ne peut rajouter un jour de sa vie au moment elle lui sera réclamée.
Il est difficile de bien dresser la table de son cœur afin que sa porte reste ouverte à tous ceux que nous croisons. Nous entendons plus aisément le cri de notre ventre qui réclame sa nourriture que le cri du cœur qui se meurt de soif à ne pas vivre selon la justice. Qui invite-t-il ce pharisien lorsqu’il invite Jésus? Il invite quelqu’un à se mettre à se mettre sous le dent comme dans le film « Le dîner de con » où des gens « cools » s’amusaient de la naïveté de certaines personnes pour tuer le temps en humiliant de simples gens.
Que devient l’intelligence de notre cœur dans nos sociétés qui s’amusent à mépriser les défavorisés, à discriminer les assistés-sociaux, à demeurer froid devant les misères des autres… Voilà ce que Jésus rappelle à ce pharisien, lui le Grand Prêtre, le Juge Suprême, le Riche des riches, le Roi des rois, il lui rappelle qu’il ne se laissera reconnaître que par ceux qui reconnaissent la dignité de tous et qui ont à cœur de construire un monde de justice et de paix pour tous. À quoi bon la religion et les sacrifices si nous n’avons pas de cœur envers les autres : « Et si vous aviez compris ce que signifie: C’est la miséricorde que je veux, et non le sacrifice, vous n’auriez pas condamné des gens qui sont sans faute. » (Matthieu 12:7) « « Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui acquittez la dîme de la menthe, du fenouil et du cumin, après avoir négligé les points les plus graves de la Loi, la justice, la miséricorde et la bonne foi; c’est ceci qu’il fallait pratiquer, sans négliger cela. » (Matthieu 23:23) L’heure du mal vient pour chacun en son temps c’est pourquoi il ne faut faire l’aveugle devant celui qui souffre au risque de ne pas voir Dieu qui prend le déguisement du pauvre et qui est le seul à pouvoir donner la vraie richesse et l’invitation au festin qui n’a pas de fin et où tous trouvent sa place. À ne pas les reconnaître en ce temps-ci nous risquons de refuser leur invitation au vrai festin. Les pauvres sont notre richesse car ils nous aident à voir où nous en sommes dans nos amours et nous appellent à la vraie vie.
Le roi Hérode voulait voir Jésus pour qu’il lui fasse un miracle mais Jésus ne lui répond rien et il ne fait pas de miracle pour se payer une libération ce qui offenser Hérode qui le traitera avec mépris : « Après l’avoir, ainsi que ses gardes, traité avec mépris et bafoué, Hérode le revêtit d’un habit splendide et le renvoya à Pilate. Et, ce même jour, Hérode et Pilate devinrent deux amis, d’ennemis qu’ils étaient auparavant. » (Luc 23:12) Ils devinrent de bons amis car l’un et l’autre en se renvoyant Jésus, reconnaissait l’autorité de l’autre mais que vaut cette amitié qui se noue en jouant avec la vie d’un innocent que ni l’un ni l’autre n’a le courage de libérer tout en sachant qu’il est innocent. Mais cet innocent représente tous les innocents de ce monde pour libérer tous les innocents et aussi justifier les bourreaux. Mais est-ce que les bourreaux voudront reconnaître leurs fautes et recevoir le pardon d’un innocent? C’est à chacun à préparer son cœur en ne regardant pas les malchanceux de ce monde avec mépris mais ayant de la compassion envers toutes personnes dans le besoin.
NDC