6 avril, Jn 20, 11-18 : La résurrection pour tous les temps!

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Évangile :

Marie-Madeleine restait là dehors, à pleurer devant le tombeau. Elle se penche vers l’intérieur, tout en larmes, et, à l’endroit où le corps de Jésus avait été déposé, elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis, l’un à la tête et l’autre aux pieds. Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu? » Elle leur répond : « On a enlevé le Seigneur mon Maître, et je ne sais pas où on l’a mis. »

Tout en disant cela, elle se retourne et aperçoit Jésus qui était là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus. IL lui demande : « Femme, pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu? » Le prenant pour le gardien, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et moi, j’irai le reprendre. »

Jésus lui dit alors : « Marie! » Elle se tourne vers lui et lui dit : « Rabbouni! » ce qui veut dire « Maître » dans la langue des Juifs. Jésus reprend : « Cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père. Va plutôt trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »

Marie-Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur, et voilà ce qu’il m’a dit. »

Commentaires :

Lorsque Jésus devient le premier-né des morts, où étions-nous à ce moment de lumière qui brille encore jusqu’à nous? Où était saint François d’Assise et saint Bruno, et saint Benoit, saint frère André, mère Térésa? Des milliards de personnes dormaient encore dans le temps à venir et d’autres milliards s’éveillaient du temps passé. Jésus s’est fait chair pour entrer dans cette histoire et la transformer de son début jusqu’à sa fin. Il ne voulait pas simplement effleurer notre histoire et retourner bien vite de là où il vient avant le commencement du monde. Il s’engageait à fond, de la naissance jusqu’à la mort, avec une vie de famille, un travail, des voisins, avec une maman et un papa. Il ne s’est pas donné un poste d’autorité pour s’imposer et conduire le peuple, indifférent de l’affection de chacun. Il est venu sans arme, sans prestige, sans éclat particulier.

Il ne venait pas confondre les sceptiques, fendre les cœurs de ceux qui le nient, imposer une morale, faire quelques miracles et prodiges pour nous convaincre, quelques signes pour être reconnu. Il venait parmi nous en tant que personne afin que chacun puisse le rencontrer comme personne et le reconnaître dans son amour. Il ne voulait pas être rencontré par les gens de l’époque uniquement, il venait pour rencontrer tout le monde jusqu’à la fin des temps : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. » (Ap 3, 20) Il venait pour toutes les époques, non pour chercher une gloire millénaire, de la popularité, mais pour manifester la gloire de son Père et cette gloire, c’est que nous soyons vivants et que nous portions des fruits d’amour. « Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous donniez beaucoup de fruits : ainsi, vous serez pour moi des disciples. Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. » (Jn 15, 8-9) Jésus vient pour que nous vivions en abondance que la mort sur nous n’ait plus de prise et d’emprise. « Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance. Je suis le bon pasteur, le vrai berger. Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis. » (Jn 10, 10-11)

Jésus ne veut pas arrêter son œuvre qui répand la vie et la lumière de l’amour à sa résurrection. Il ne veut pas instaurer le jugement immédiatement et confondre ceux qui l’ont condamné pour se payer la joie de voir leurs visages crouler sous la honte. Non, l’amour n’a rien à faire avec la vengeance, la vie avec la mort, la lumière avec les ténèbres. Tout comme Jésus n’avait de cesse de parcourir villes et villages pour annoncer la Bonne Nouvelle, il n’a de cesse de vouloir maintenant répandre cette Bonne Nouvelle à travers les siècles, mais par ses disciples, ceux qui croiront en lui afin que la vie soit victorieuse de la mort jusqu’à la fin des temps et que le Père ne perde aucun de ses enfants.

« Partons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame la Bonne Nouvelle… » (Mc 1, 38) Partons ailleurs dans toutes les époques et les pays proclamez la Bonne Nouvelle. Le feu de la vie brûle en lui et il veut le déposer dans ses disciples, c’est pourquoi il ne se manifestera qu’à ses témoins. Il viendra en eux et il se multipliera à travers eux comme il a multiplié les pains afin que tous puissent entendre la voix du Bon Pasteur, celui qui nous libère du parking de la mort et nous conduit à la vie, dans les bras de l’amour trinitaire.

Ce n’est pas le temps des pleurs, c’est le temps de la mission de la vie, de l’amour, c’est le temps de construire mon Église, cet édifice où chaque pierre est vivante. « Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. »  (Mt 16, 18)

« Femme, pourquoi pleures-tu? » Elle leur répond : « On a enlevé le Seigneur mon Maître, et je ne sais pas où on l’a mis. »  Si tu savais le don de Dieu. Personne n’a enlevé Jésus, personne n’a pris sa vie, c’est lui qui l’a donné et il la donne à jamais, comme une source de vie éternelle au cœur de l’humanité.

Tout en disant qu’elle ne savait pas où on a mis Jésus, elle se retourne et voit Jésus sans savoir que c’était lui. Le désir de Jésus est toujours plus ardent de répandre la Bonne Nouvelle, le feu est maintenant allumé, le baptême dans sa mort et sa résurrection peut se répandre afin d’engendrer des enfants à Dieu.

« Femme, pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu? »  Elle ne reconnaît pas Jésus tellement ses yeux sont en larmes, elle le prend pour le jardinier. « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et moi, j’irai le reprendre. » Elle ignore qu’il sera dans son cœur, ce Jésus qu’elle cherche tant, qu’elle vivra en communion avec lui par le don de son corps et de son sang.

Jésus lèvera le voile sur son identité en nommant Marie par son nom : Marie! Personne ne peut dire son nom comme Jésus, personne n’a donné sa vie pour elle comme Jésus l’a fait, personne ne l’a jamais aimée comme Jésus l’aime.

Elle reconnaît bien le son de sa voix, la voix du bon pasteur : « Celui qui entre par la porte, c’est lui le pasteur, le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. » (Jn 10, 2-3)

Elle voudrait le retenir. Jésus est là pour toutes les nations, toutes les générations. Déjà, il nous voit, il voit les enfants de nos enfants, il désire faire entendre sa voix, les nommer chacun par leur nom, les rencontrer afin de les conduire dans la maison du Père.

Son amour infini et éternel a soif d’étancher toutes soifs et les faims de bonheur.

« Cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père. Va plutôt trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »  Les portes du séjour de la mort ne pourront rien pour empêcher de répandre la Bonne Nouvelle de la vie : « Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter du fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruits, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. » (Jn 15, 4-5)

Marie-Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur, et voilà ce qu’il m’a dit. »

 NDC