7 août, Mt 14, 13-21 : Jésus, pain de vie éternelle!

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Évangile :

Quand il apprit la mort de Jean le Baptiste, Jésus partit en barque pour un endroit désert, à l’écart. Les foules l’apprirent et, quittant leurs villes, elles le suivirent à pied. En débarquant, il vit une grande foule de gens; il fut saisi de pitié envers eux et guérit les infirmes.

Le soir venu, les disciples s’approchèrent et lui dirent : « L’endroit est désert et il se fait tard. Renvoie donc la foule : qu’ils aillent dans les villages s’acheter à manger! » Mais Jésus leur dit : « Ils n’ont pas besoin de s’en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Alors ils lui disent : « Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. » Jésus dit : « Apportez-les-moi ici. »

Puis ordonnant à la foule de s’asseoir, il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction; il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule.

Tous mangèrent à leur faim et, des morceaux qui restaient, on ramassa douze paniers pleins. Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille, sans compter les femmes et les enfants.

Commentaires :

Quel système politique ou social, quel organisme arriveront à nourrir tous les habitants de la planète, à donner à boire à chacun? Il y a de quoi nourrir 15 milliards de personnes sur la planète selon les spécialistes. Nous ne dépassons pas encore le 7 milliards et il y a un peu moins qu’un milliard de personnes sous-alimentées. Aujourd’hui, le 31 juillet 2011, à cette heure-ci, 11, 617 personnes sont mortes de faim.

La situation de la faim et de la soif dans le monde est si constante et croissante que les dirigeants du monde retardent d’agir dans les situations alarmantes. Il y a comme un esprit de fatalité sur le monde qui suggère de renoncer à se préoccuper de la dignité et de la santé de tous.

Les nantis préfèrent ne pas penser à tous les affamés du monde, à tous les anéantis. Ils se disent impuissants devant l’ampleur des problèmes. L’enfant sous-alimenté aperçu lors des programmes d’information ne fait verser aucune larme. Les conflits meurtriers et les morts éveillent peu de solidarité.

Plusieurs profitent de cette situation pour s’en prendre à Dieu et affirmer que Dieu ne peut exister pour laisser mourir ainsi les enfants. Pourtant, n’y a-t-il pas suffisamment de nourriture pour tout le monde? Dieu devrait-il renverser les dictateurs, imposer des chefs d’État, taxer les plus favorisés? Ou encore, devrait-il inscrire en nous une loi à laquelle nous serions chimiquement liés, comme les animaux! Privés de liberté d’esprit, nous ne serions plus une menace pour l’environnement, ni pour les autres créatures dans le ciel, sur la terre et dans la mer.

Dieu n’a rien à voir avec les injustices de notre monde, il a envoyé son Fils unique pour rétablir la paix et c’est dans une mangeoire qu’il a été accueilli, et sur une croix qu’il est mort. « Je vous ai envoyé sans me lasser tous mes serviteurs les prophètes, je les ai envoyés dire : Ne faites pas cette abomination que je déteste! Mais ils n’ont point écouté ni prêté l’oreille pour se convertir de leur méchanceté et ne plus encenser d’autres dieux. » (Jr 44, 4-5) Encenser l’argent, le pouvoir, le savoir, la gloire enfin tout ce qui exclut Dieu afin de prendre sa place. Qui peut prendre la place du Tout en étant qu’une partie? Cette infime partie ne pourra rendre justice à chacune des parties du Tout, ne pouvant pas de par sa nature être consciente de l’ensemble. Il ne s’agit pas de faire quelques reproches à notre nature humaine. Dieu ne s’est-il pas fait chair afin d’élever notre nature humaine à la nature divine?

Peut-on reprocher à Dieu d’être indifférent, insensible à nos souffrances? Ne vient-il pas parmi nous se donner totalement afin que chacune des parties que nous sommes participe à celui qui est le Tout? Personne n’est exclu de son dessein d’amour. Les aînés dans la foi ne sont pas privilégiés par rapport aux autres, ils sont responsables de briller de ce feu de l’Esprit pour le répandre dans les esprits.

Jésus, l’Alpha et l’Omega, le Commencement et la Fin, Celui en qui tout subsiste, Celui qui était avant la création de ce monde, le Fils du Dieu vivant, l’Éternel, l’Infini part en barque pour un endroit désert, à l’écart. Dans la foule ou dans un endroit désert, Jésus entend, voit, ressent, sent toutes les souffrances, les joies, les désirs, les peines, les angoisses, les méchancetés, les inquiétudes, les soupçons, les crimes, les secrets, les douleurs, les ennuis, de chacun. Si la mer lui obéit, les esprits mauvais fuient devant sa face, l’être humain demeure aveugle à sa lumière à cause de l’emprise du mal et de la mort : « Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Il était dans le monde, lui par qui le monde s’était fait, mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu. » (Jn 1, 9-11)

Si Jésus n’est pas reconnu par les siens, lui reconnaît les siens et comme une mère, il porte chacun en son sein, sur son cœur, déterminé de les soutirer de ce qui leur fait du mal et les mène à la mort. Il n’a de cesse de réconforter et de montrer son amour et l’amour du Père afin d’être reçu et pouvoir attirer à lui la multitude : « Mais tous ceux qui l’ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. » (Jn 1, 12)

Jésus accoste à l’endroit où il se rendait pour prier le Père pour la multitude. En débarquant, il voit une grande foule de gens, il voit tous ces yeux suppliants, ces corps courbés, ces esprits inquiets, il ressent l’attente de chacun à son égard, il entend leurs cris, leurs détresses. Ils voient ces mères porter leurs enfants aux corps blanchis par la maladie, ces vieillards titubants, ces handicapés cherchant à se frayer un chemin. Il reconnaît bien notre humanité blessée qui a besoin du médecin, d’un médecin céleste qui élimine à jamais la maladie et la mort.

Jésus guérit les infirmes et son cœur brûle du jour où il la fera disparaître à jamais.

Le soir venu, les disciples veulent que Jésus renvoie la foule afin que chacun trouve à manger dans les villages autour. Nous voudrions bien que tous les affamés du monde trouvent eux-mêmes de quoi manger, nous voudrions bien les renvoyer de nos écrans pour les ignorer et manger en toute quiétude.

Jésus n’est pas là pour nous apporter un soulagement provisoire, il est venu pour établir une joie que rien ne peut ravir. Plus aucune larme de tristesse ne coulera du coin de l’œil d’aucun enfant. Plus un ventre ne criera famine, plus un esprit ne sera anxieux, troublé, et cela à jamais.

« Moi, je suis le pain de la vie. Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts; mais ce pain-là, qui descend du ciel, celui qui en mange ne mourra pas. Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. » (Jn 6, 48-51)

Nous n’avons que cinq pains et deux poissons… Celui qui a tout créé de rien, ne pourrait-il pas de cinq poissons nourrir à jamais tout l’univers jusqu’à la fin des temps. Le prophète Élie n’a-t-il pas multiplié la farine et l’huile de la veuve? Il ne lui restait qu’une poignée de farine et un peu d’huile dans une cruche, et elle ramassait quelques bûchettes pour préparer un dernier repas pour elle et son fils, en attendant que la mort vienne mettre un terme à leurs souffrances. Avec à peine de quoi préparer un seul repas, comment pourrait-elle nourrir le prophète? La veuve pourtant offre au prophète son dernier repas. Élie lui dira de ne pas s’inquiéter : « Le pot de farine ne s’épuisera pas, et la cruche d’huile ne manquera pas » (1 Roi 17,14).

Il y a ici plus grand que le prophète Élie, il y a celui que le prophète Élie précède pour préparer son chemin. « Mais, je vous le déclare dit Jésus : Élie est déjà venu; au lieu de le reconnaître, ils lui ont fait tout ce qu’ils ont voulu. Le Fils de l’homme, lui aussi, va souffrir par eux. » (Mt 17, 11-12) Ils le feront souffrir pour tout le bien que Jésus fait, mais cette fois la mort ne l’emportera pas et la justice de l’amour éclatera dans le tombeau.

Tous mangeront à leur faim jusqu’à la fin des temps :

« Moi, je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim; et celui qui croit en moi n’aura jamais soif. » (Jn 6,3) « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. » (Jn 11, 25-26)

Personne ne sera laissé au tombeau, personne ne manquera de rien et à chaque repas, il y aura des restes et non des paniers vides comme dans nos banques alimentaires.

NDC