7 avril, Jn 10, 31-42 : Ils jouent avec les pierres!

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Évangile :

Les Juifs allèrent de nouveau chercher des pierres pour lapider Jésus.

Celui-ci prit la parole : « J’ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes de la part du Père. Pour laquelle voulez-vous me lapider? » Les Juifs lui répondirent : « Ce n’est pas pour une œuvre bonne que nous voulons te lapider, c’est parce que tu blasphèmes : tu n’es qu’un homme, et tu prétends être Dieu. »

Jésus leur répliqua : « Il est écrit dans votre Loi : < Vous êtes des dieux.> Donc, ceux à qui la parole de Dieu s’adressait, la Loi les appelle des dieux; et l’Écriture ne peut pas être abolie. Or, celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous lui dites : < Tu blasphèmes, parce que j’ai dit : < Je suis le Fils de Dieu.> Si je n’accomplis pas les œuvres de mon Père, continuez à ne pas me croire. Mais si je les accomplis, quand bien même vous refuseriez de me croire, croyez les œuvres. Ainsi vous reconnaitrez, et de plus en plus, que le Père est en moi, et moi dans le Père. »

Les Juifs cherchaient de nouveau à l’arrêter, mais il leur échappa.

Il repartit pour la Transjordanie, à l’endroit où Jean avait commencé à baptiser. Et il y demeura. Beaucoup vinrent à lui en déclarant : « Jean n’a pas accompli de signe; mais tout ce qu’il a dit au sujet de celui-ci était vrai. » Et à cet endroit beaucoup crurent en lui.

Commentaires :

Les autorités juives ayant trouvé Jésus et ne sachant que répondre, cherchaient des pierres pour en faire des flèches meurtrières et viser Jésus. Le faire taire, ne plus entendre cette voix en Judée, plus jamais. « Que faisons-nous? disaient-ils, cet homme fait beaucoup de signes. Si nous le laissons ainsi tous croiront en lui, et les Romains viendront et ils supprimeront notre Lieu Saint et notre nation. » (Jn 11, 47-48) Tout ce qui leur venait à l’esprit c’était de le tuer, au plus vite, et son ami Lazare revenu de la mort par sa prière avec lui.

Ils regardaient par terre en écoutant distraitement ce que Jésus disait, ils examinaient bien pour choisir une pierre bien lourde pour la lancer à Jésus et le faire taire. Toutefois, ils se sentaient lourds et inquiets en faisant cela. Intérieurement devant Jésus, ils vivaient cela comme Hérode envers Jean Baptiste. « Hérode craignait Jean, sachant que c’était un homme juste et saint, et il le protégeait; quand il l’avait entendu, il était fort perplexe, et c’était avec plaisir qu’il l’écoutait. » (Mc 6, 20) Jean condamnait le comportement d’Hérode, pourtant celui-ci prenait plaisir à l’entendre. Qui osait encore lui parler avec franchise? Jean n’était-il pas le seul à l’aimer vraiment, avec gratuité, sans chercher à lui soutirer un privilège?

Malgré leur crainte de Jésus, ils cherchaient tout de même des pierres pour les lui lancer. Ils leur semblaient ne pas avoir le choix pour le bien de la nation et du temple. Si l’un d’entre eux osait lever une objection à ces gestes meurtriers, ils le faisaient taire immédiatement : « Nicodème, l’un d’entre eux, celui qui était venu trouver Jésus précédemment, leur dit : “Notre Loi juge-t-elle un homme sans d’abord l’entendre et savoir ce qu’il fait!” Ils lui répondirent : “Es-tu de la Galilée, toi aussi? Étudie! Tu verras que ce n’est pas de la Galilée que surgit le prophète.” (Jn 7, 50-52) Ils se refusaient de l’entendre de peur que leur perplexité se change en décision de le suivre, comme tous ces gens en admiration devant sa parole et ses œuvres.

Ils cherchent des pierres bien lourdes comme leur état d’esprit, des pierres bien dures comme leur cœur. Ils se veulent insensibles du dedans comme du dehors, ils ne veulent en rien que les paroles de Jésus les touchent, les effleurent, de peur que ce germe de vie se mettre à grandir en eux. La parole du semeur doit tomber dans les pierres, elle doit se heurter à cette dureté et sécher au soleil.

Jésus voyant ces gens de Jérusalem qu’il aimait chercher des pierres pour le lapider, discernait bien l’action du tentateur sur ces esprits prisonniers de leurs préceptes humains, de leur temple, de leur nation. Jésus reconnaissait bien celui qui lui avait dit au désert : “Si tu es Fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains.” Mais il répondit : “Il est écrit : Ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.” (Mt 4, 3-4) Si les autorités craignent Jésus, le tentateur le craint plus encore et sachant qu’il ne peut le faire taire et l’empêcher de nourrir le peuple par sa parole, il veut le faire mourir. Pauvre tentateur, si tu savais que la mort ne suffira pas cette fois à garder bien secret ton mensonge. Tuer, c’est si facile pour se maintenir au pouvoir! Le Dieu vivant descendra dans la mort, car il est le Dieu des morts et des vivants et tous reviendront à la vie, purifiés de tout ce qui est mort, de tout ce qui divise.

Jésus les regarde ramasser des pierres et les faire danser dans leurs mains, il les regarde sortir leurs flèches et tendre leur langue pour le viser.

Pourquoi demeures-tu là, Jésus? Pourquoi t’obstiner à nous sauver, nous qui voulons te perdre? Pourquoi avoir tant à cœur de nous secourir, nous qui te crachons au visage, nous qui voulons te lancer des pierres pour voir couler ton sang et te faire taire? N’est-ce pas de la poussière que tu nous as tirés? Il y a tant de poussière, tu pourrais te monter des armées de gens qui t’aiment!

Jean Baptiste n’a-t-il pas dit à ces pharisiens et scribes qui veulent te lapider aujourd’hui : “Produisez donc un fruit digne du repentir et ne vous avisez pas de dire en vous-mêmes : ‘Nous avons pour père Abraham.’ Car je vous le dis, Dieu peut, des pierres que voici, faire surgir des enfants à Abraham.” (Mt 3, 8-9) De ces pierres que vous tenez dans les mains, il peut faire surgir des enfants et de ces pierres peut se faire entendre la louange sur son passage.

Pourquoi si peu de crainte de Dieu à ton endroit devant tant de bonnes œuvres qui ne peuvent venir que du Père? “C’est bien là l’étonnant : que vous ne sachiez pas d’où il est, et qu’il m’ait ouvert les yeux. Nous savons que Dieu n’écoute pas les pécheurs, mais si quelqu’un est religieux et fait sa volonté, celui-là il l’écoute. Jamais on n’a ouï dire que quelqu’un ait ouvert les yeux d’un aveugle-né. Si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire.” (Jn 9, 30-33)

Pourquoi tant de patience à notre égard, tant d’humilité, tant de miséricorde, tant d’amour? Ne serais-tu qu’amour, bonté et douceur, humilité et miséricorde? Tu viens même te faire blesser pour nous afin de guérir nos blessures inguérissables! Tu viens mourir pour nous afin de nous guérir de la mort. Ne faut-il pas être Dieu pour agir ainsi, pour ne pas craindre nos pierres, nos coups de lance, nos flèches, nos canons? Ne faut-il pas être Dieu pour ne pas craindre nos injustices et laisser les puissants te cracher au visage devant ta mère que tu te prépares à nous donner pour être notre mère? Ne faut-il pas que Dieu lui-même intervienne pour nous libérer du drame dans lequel nous sommes enfermés à jamais? Ne fallait-il pas que Dieu se fasse homme pour libérer l’homme de toutes les entraves qui le retiennent sous terre, de tout ce mal qui le divise en lui et avec les autres?

Et vous, dit Jésus pourquoi vouloir me lapider, pour quelles œuvres bonnes de la part de Dieu à votre endroit voulez-vous me tuer? “Ce n’est pas pour une œuvre bonne que nous voulons te lapider, c’est parce que tu blasphèmes : tu n’es qu’un homme, et tu prétends être Dieu.” Mais qui d’autre que Dieu peut venir libérer votre humaine condition sinon qu’en prenant votre nature pour l’élever à sa nature divine. N’avez-vous pas déjà la dignité d’être des dieux en étant à son image, doués d’un esprit qui peut devenir un véritable adorateur de Dieu qui est Esprit?

Attendez-vous un extra terrestre pour vous fournir une technologie qui vous rendra immortels et qui vous gouvernera comme tous vos chefs de maintenant? Attendez-vous une science capable de vous maintenir en vie pendant des milliers d’années? Qui s’occupera de tous les innocents morts aux mains des dictateurs? Qui pourra réconcilier la mère avec l’assassin de son fils? Qui pourra réparer l’irréparable, renverser l’irréversible, rendre la pureté à l’enfant violé, l’intégrité à l’être abusé? Il faudrait tout oublier parce qu’ils sont morts, parce que personne ne se lève pour les défendre? Notre histoire ne parle que des grands et pourtant ce sont tous les petits qui ont construit les châteaux, cultivé les terres, peuplé la terre?

La difficulté à tout réparer est divine et ce n’est que Dieu qui peut venir parmi nous en prenant notre nature qui peut rendre justice à tous. Et ce Dieu a choisi de se laisser blesser pour guérir nos blessures, de se laisser tuer pour nous sortir de la mort.

Dieu est là pour nous en Jésus, il nous l’affirme par ses œuvres, par l’accomplissement de l’Écriture, par sa sagesse et nous lui disons : “Tu blasphèmes”

Pardon, Seigneur de n’être pas en adoration depuis le premier instant de notre vie, jusqu’au dernier! Comment te rendre tant d’amour? L’éternité ne suffira pas, car en toi à chaque instant nous demeurerons dans la vie et tu nous donneras toujours plus.

Pardon Seigneur de nos prétentions et sois loué de ta patience à notre égard!

NDC