7 avril, Mc 16, 9-15 : Pourquoi n’arrive-t-on pas à croire les témoins de la résurrection?

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Évangile :
Ressuscité de grand matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d’abord à Marie-Madeleine, de laquelle il avait expulsé les sept démons. Celle-ci partit annoncer la nouvelle à ceux qui, ayant vécu avec lui, s’affligeaient et pleuraient. Quand ils entendirent qu’il était vivant et qu’elle l’avait vu, ils refusèrent de croire.
Après cela, il se manifesta sous un aspect inhabituel à deux d’entre eux qui étaient en chemin pour aller à la campagne. Ceux-ci revinrent l’annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus.
Enfin, il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu’ils étaient à table; il leur reprocha leur incrédulité et leur endurcissement parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient vu ressuscité. Puis il leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamer la Bonne Nouvelle à toute la création. »
Commentaires :
Le premier-né d’entre les morts était un jeune homme de 33 ans. Naître à cet âge est une impossibilité selon les lois de la nature, tout autant que de lever les sceaux de son propre tombeau. Jésus était aussi le premier-né conçu du Saint-Esprit dans le sein de la Vierge Marie. Comment quelqu’un peut-il être conçu par l’Esprit, l’esprit n’a ni chair, ni os? Une autre impossibilité selon notre nature! Notre raison résiste à faire confiance à ce qu’elle ne peut vérifier en le voyant. Si quelqu’un avait dit à cette époque qu’il était possible de transmettre une scène du quotidien en direct avec la voix et la couleur à n’importe quelle distance, il aurait été ignoré. Personne ne pouvait à ce moment entendre une chose pareille, c’était inconcevable, inimaginable. Pourtant la personne qui aurait suggéré une telle idée, n’aurait rien d’un magicien, d’un sorcier, d’un possédé ou d’un fou. Les moyens de communication sont des services très utiles aujourd’hui. Une telle suggestion à cette époque était inaudible, car elle aurait été considérée comme impossible. Pourtant, il n’y avait rien d’impossible à produire un tel objet. Nous avons rendu possible cette impossibilité au bout de 20 siècles, tout de même. Nous ignorons encore beaucoup de choses aujourd’hui, malgré l’avancement des sciences. Nous sommes bien sortis de notre planète avec des navettes spatiales, mais nous ne pouvons pas nous éloigner beaucoup de notre planète qui est une goutte d’eau dans un océan d’étoiles. Plus notre science grandit, plus nous savons avec certitude que ce que nous ignorons est plus grand que ce que nous savons. Il en est de même pour notre nature humaine. Nous savons très bien que notre cerveau est plus complexe que l’univers avec ses galaxies et ses trous noirs. Un monde très complexe de neurones, de synapses habite chaque personne.
La résurrection de Jésus à 33 ans, trois jours après sa mort, une mort horrible sous les coups, peut bien nous paraître inacceptable, irrationnelle, mais cela ne signifie que cet événement ne s’est pas produit parce que nous ne pouvons pas l’entendre. Est-ce que la résurrection nous fait du mal? « Ô mon peuple, que t’ai-je fait? En quoi t’ai-je contristé? Réponds-moi! » Je suis descendu du ciel pour prendre ta nature humaine et l’élever à ma nature divine et toi, tu m’as poursuivi dès ma naissance pour m’enlever la vie. Je me suis fait pain de vie afin de me donner en nourriture, et toi, tu m’as condamné à mort. Je suis descendu dans la mort pour toi et je suis revenu à la vie pour toi, et toi tu as payé les gardes pour faire le silence. « Ô mon peuple, que t’ai-je fait? En quoi t’ai-je contristé? Réponds-moi!
Sa résurrection, Jésus ne l’accomplit pas pour lui, mais pour nous. Il veut nous donner une nature libre de toute maladie, souffrance, haine, pleurs, une nature que la mort ne peut atteindre, une demeure éternelle, une famille unie, un amour sans fin et bien plus encore. “Ô mon peuple, que t’ai-je fait? En quoi t’ai-je contristé? Réponds-moi!”
Nous n’arrivons pas à entendre que nous sommes faits pour la vie, que nous sommes des êtres uniques et nouveaux, que nous sommes aimés à ce point. Nous sommes esclaves de notre présent et nous courrons pour amasser des richesses qui nous permettront de profiter de la vie, de notre brève existence.
“Père pardonne leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font” (Luc 23,34)
Nous ne savons pas ce que nous faisons en crucifiant Jésus en nous, en cimentant la source de vie dans nos cœurs, en refusant de nous abandonner à l’amour infini de Dieu. Nous faisons nos petites affaires, aveugles à l’Alliance que le Seigneur Jésus veut vivre avec nous.
“Hommes à la tête dure, votre coeur et vos oreilles ne veulent pas connaître l’Alliance : depuis toujours vous résistez à l’Esprit Saint; vous êtes bien comme vos pères! Y a-t-il un prophète que vos pères n’aient pas persécuté? Ils ont même fait mourir ceux qui annonçaient d’avance la venue du Juste, celui-là que vous venez de livrer et de mettre à mort. Vous qui aviez reçu la loi communiquée par les anges, vous ne l’avez pas observée.” En écoutant cela, ils s’exaspéraient contre lui, et grinçaient des dents. Mais Étienne, rempli de l’Esprit Saint, regardait vers le ciel; il vit la gloire de Dieu, et Jésus debout à la droite de Dieu. Il déclara : “Voici que je contemple les cieux ouverts : le Fils de l’homme est debout à la droite de Dieu.” Ceux qui étaient là se bouchèrent les oreilles et se mirent à pousser de grands cris; tous à la fois, ils se précipitèrent sur lui, l’entraînèrent hors de la ville et commencèrent à lui jeter des pierres.> (Act 7, 51-58)
Nous ne voulons pas entendre que nous sommes aimés et que les cieux sont ouverts, la mort est morte et la vie est victorieuse. Comment mener nos affaires en regardant dans les airs? Mieux vaut se boucher les oreilles et lancer des pierres à ceux qui nous parlent de cet amour.
Pourtant certains d’entre nous ont vu Jésus ressuscité, ils sont nos yeux et nos oreilles. Pourquoi douter d’eux? Nous ne voulons pas les croire parce que nous pensons qu’ils feront de bonnes affaires avec cette nouvelle. Nous pensons qu’ils ne cherchent que leurs intérêts. Pourtant, les 26 premiers papes de l’Église sont morts en martyrs. Où étaient leurs intérêts à propager une nouvelle qui les conduisait à la mort? “Père pardonne leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font”. Toujours prisonniers de notre faire, nous demeurons aveugles à ce qui se passe dans l’être, dans ce que nous ne pouvons voir que par la foi.
Jésus apparaît à Marie Madeleine, cette femme libérée des démons qui obscurcissaient son esprit dans sa quête de l’amour. Elle voit maintenant qu’elle a quitté ses petites affaires, elle peut voir celui qui est toujours là près de nous pour nous garder dans sa joie, son amour et sa paix. Est-ce une menteuse, cette Marie-Madeleine ou une amoureuse aveuglée par son sentiment?
Les disciples ne veulent pas la croire, ils préfèrent s’affliger et pleurer. N’est-ce pas notre sort, les humains mortels de pleurer sur nous, de gémir sans cesse et de nous enliser dans notre malheur!
Jésus est ressuscité répète Marie-Madeleine. Ils ne la croient pas, ils ne croient pas non plus les disciples d’Emmaüs. Si quelqu’un dit : “J’aime Dieu”, et qu’il hait son frère, c’est un menteur. En effet, s’il n’aime pas son frère qu’il voit, il ne peut pas aimer Dieu qu’il ne voit pas. » (1 Jn 4, 16-21) Ne sommes-nous pas des menteurs lorsque nous refusons de croire le témoignage de ceux des nôtres qui ont vu Jésus? Des menteurs parce que nous disons chercher la vérité et en fait nous ne cherchons qu’à sauver nos petites affaires. Pourquoi ces témoins qui seront basculés dans la mort pour annoncer une telle nouvelle seraient-ils des menteurs?

Jésus se manifestera aux onze et leur reprochera leur incrédulité et cet endurcissement du cœur et de la tête qui nous caractérise tant. Ils n’auront pas plus que ce que leurs yeux ont vu et leurs oreilles entendu pour répandre la bonne nouvelle de cet amour de Dieu et de la vie nouvelle qu’il nous donne en son Fils mort et ressuscité pour nous.
« Celui qui déclare être dans la lumière et qui a de la haine contre son frère est encore maintenant dans les ténèbres. Celui qui aime son frère demeure dans la lumière, et il n’y a pour lui aucune occasion de chute. » (1 Jn 2, 9-10)
Marie-Madeleine, tout comme les disciples d’Emmaüs et les Onze apôtres sont-ils des menteurs?
« Ce qui était depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons contemplé de nos yeux, ce que nous avons vu et que nos mains ont touché, c’est le Verbe, la Parole de la vie. Oui, la vie s’est manifestée, nous l’avons contemplée, et nous portons témoignage :nous vous annonçons cette vie éternelle qui était auprès du Père et qui s’est manifestée à nous. Ce que nous avons contemplé, ce que nous avons entendu, nous vous l’annonçons à vous aussi, pour que, vous aussi, vous soyez en communion avec nous. Et nous, nous sommes en communion avec le Père et avec son Fils, Jésus Christ. » (1 Jn 1, 1-3)
NDC