7 juillet, Mt 9, 14-17 : Les disciples de Jean et les enfants de Fatima

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Évangile :
Les disciples de Jean Baptiste s’approchent de Jésus en disant : « Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas, alors que nous et les pharisiens nous jeûnons? »
Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc faire pénitence pendant le temps où l’Époux est avec eux? Mais un temps viendra où l’Époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront.
“Et personne ne coud une pièce d’étoffe sur un vieux vêtement; car le morceau ajouté tire sur le vêtement et le déchire davantage.
‘Et on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres; autrement les outres éclatent, le vin se répand, et les outres sont perdues. Mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le tout se conserve.’
Commentaires :
Les disciples de Jean Baptiste avaient entendu parler des oeuvres de Jésus et de ce que les gens disaient de lui. Ils s’interrogeaient sur son identité, tout comme Jean Baptiste leur maitre.
Ils l’observaient pour évaluer sa conduite et discerner qui il pouvait être dans l’histoire du peuple d’Israël. Un aspect de la conduite de Jésus à l’égard de la loi tiraillait les disciples de Jean Baptiste. Comment ce Jésus pouvait-il faire des œuvres que seul Dieu peut donner d’accomplir tout en manquant à la prescription du jeûne avec ses disciples? En s’approchant de Jésus, c’est ce qu’ils veulent savoir : ‘Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas, alors que nous et les pharisiens nous jeûnons? ’
Ils ne savent pas à qui ils s’adressent, s’ils le savaient, ils se prosterneraient pour l’adorer en esprit et en vérité. Ils ne savent pas à qui ils parlent de jeûne, s’ils le savaient, ils seraient muets d’admiration devant la démesure des renoncements de Jésus pour accomplir la loi et rendre possible son accomplissement par le don qu’il fait de lui-même pour le salut de la multitude. ‘Lui, de condition divine, ne retient pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit lui-même, prenant condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur une croix! ’ (Ph 2, 6-8)
Jésus jeûne de sa condition divine pour prendre notre condition et nous élever à sa propre nature. Jésus se fait esclave pour nous, il vient nous servir jusqu’à la mort, plus encore, il se fait la nourriture qu’il nous sert afin de nous conduire à la libération de la mort et du mal. ‘Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, c’est toi qui l’aurais prié et il t’aurait donné de l’eau vive.’ (Jn 4, 10) Si tu savais le don de Dieu et le jeûne qu’il fait pour te libérer du jeûne éternel où la mort te précipite, c’est toi qui lui aurais demandé d’entrer dans la fête des noces de la venue de l’Époux pour qu’il se donne à toi afin que le Père fasse sa demeure en toi par la puissance de l’Esprit.
Les disciples de Jean Baptiste ne savent pas, ils ne voient pas au cœur du monde ce feu qui est caché, ce feu qui descendra dans la mort pour y jeter sa lumière et ouvrir les portes de la vie éternelle.
‘Il y eut un homme envoyé de Dieu; son nom était Jean. Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. Celui-là n’était pas la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière. Le Verbe était la lumière véritable, qui éclaire tout homme; il venait dans le monde. Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli.’ (Jn 1, 6-11)
Le monde ne reconnait pas Jésus, il est chez lui dans ce monde qui par lui subsiste à chaque instant, et les siens ne l’accueillent pas, ils ne le reconnaissent pas. Plus encore, le monde le crucifiera parce que Jésus affirmera son identité dans notre intérêt et non le sien. Il ne vient pas pour être sauvé de nos mains, mais pour se livrer entre nos mains afin de libérer nos mains des chaînes du mal et de la mort.
Notre cœur n’arrive pas à croire à un tel amour, il faut encore que Dieu, en son Fils dans la chair, nous donne cette foi pour s’ouvrir à une telle noce. Nous ne voulons que le faire taire…
‘Ce n’est pas pour une bonne oeuvre que nous te lapidons, mais pour un blasphème et parce que toi, n’étant qu’un homme, tu te fais Dieu.’ Jésus leur répondit : ‘N’est-il pas écrit dans votre Loi : J’ai dit : vous êtes des dieux? Alors qu’elle a appelé dieux ceux à qui la parole de Dieu fut adressée — et l’Écriture ne peut être récusée — à celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde vous dites : ‘Tu blasphèmes’, parce que j’ai dit : ‘Je suis Fils de Dieu’! Si je ne fais pas les oeuvres de mon Père, ne me croyez pas; mais si je les fais, quand bien même vous ne me croiriez pas, croyez en ces oeuvres, afin de reconnaître une bonne fois que le Père est en moi et moi dans le Père.’ (Jn 10, 32-38)
À la question des disciples de Jean Baptiste Jésus ne s’offensera pas et il répondra par une question : ‘Les invités de la noce pourraient-ils donc faire pénitence pendant le temps où l’Époux est avec eux? ’ Comment pourraient-ils faire pénitence avec celui qui vient prendre sur lui toutes leurs fautes afin de les réconcilier avec Dieu? Jésus jeûne pour tous, il s’offre pour tous, il fait tout pour nous rendre la liberté des enfants de Dieu et nous donner le pouvoir d’être enfants de Dieu par la foi en lui.
Comment mettre ensemble le vieil homme et le nouvel homme, le vieil Adam et le nouvel Adam? ‘Car il y a un seul Dieu et aussi un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme qui s’est donné lui-même en rançon pour tous.’ (1Ti.2, 4-5) Il est terminé le temps de l’étoffe corruptible qui donne un vêtement passager. Il est venu le temps de se revêtir du Christ en plongeant dans sa mort et de renaître à la vie de l’Esprit, couvert de ce vêtement pourpre et sans couture et plus blanc que la neige. Il est venu le temps de boire à la coupe où nous ne pouvons boire sans que le Christ d’abord la boive pour nous afin de nous ouvrir son cœur et nous rendre semblables à lui. Voilà, le vin nouveau, ce vin qu’on ne peut mettre dans une vieille outre sans outrager le sang précieux devenu vin que nous y versons.
Le temps viendra pour les disciples de mener le combat de la foi, de jeûner de leur personne pour se couvrir de l’identité nouvelle qui leur est apportée par l’amour de Dieu en son Fils.
Comme il faut prendre un cœur de pauvre pour s’approcher du saint mystère de l’Eucharistie et ouvrir la main pour recevoir ce don si précieux! Il n’y a pas de cœur assez riche pour avoir conscience de la richesse de l’amour que nous recevons dans ce modeste pain qui cache tout l’amour qu’il a fallu pour le pétrir et nous le servir. Il n’y a pas d’esprit assez éclairé pour saisir cet amour qui vient à nous pour nous faire entrer dans l’unité du Père, du Fils et de l’Esprit et la communion avec tous les saints.
Le Seigneur fait pour nous des merveilles et ce n’est pas aux merveilles qu’il faut s’arrêter, mais à la gratitude à entretenir dans l’obscurité de la foi envers celui qui accompli ces merveilles pour nous afin de demeurer dans son amour en l’adorant en esprit et en vérité.
À Fatima, les enfants reçurent la visite de l’Ange de l’Eucharistie qui tenait dans sa main gauche un calice, sur lequel était suspendue une Hostie de laquelle tombaient quelques gouttes de Sang dans ce calice.
Laissant le Calice et l’Hostie suspendus en l’air, l’Ange se prosterna près des enfants et répéta 3 fois cette prière : ‘Très Sainte Trinité,
Père, Fils et Saint-Esprit,
je Vous adore profondément
et je Vous offre le très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ
présent dans tous les tabernacles du monde,
en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences
par lesquels il est Lui-même offensé.
Par les mérites infinis de Son Très Saint-Cœur
et du Cœur Immaculé de Marie,
je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs.’ C’est bien notre conversion que ces enfants demandent afin que nous puissions entrer dans la grande fête de la vie nouvelle et nous offrir avec celui qui s’offre pour nous, car c’est tout ce que nous pouvons rendre à celui qui nous donne tout à chaque instant.
NDC