8 avril, Jn 8, 12-20 : Source humaine et source divine

 In Méditer les écritures


Évangile :

Jésus disait aux Juifs : « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. » Les pharisiens lui dirent alors : « Tu te rends témoignage à toi-même, ce n’est pas un vrai témoignage. »

Jésus leur répondit : « Oui, moi, je me rends témoignage à moi-même, et pourtant c’est un vrai témoignage, car je sais d’où je suis venu, et où je m’en vais; mais vous, vous ne savez ni d’où je ne viens ni où je vais. Vous vous jugez de façon purement humaine. 

« Moi, je ne juge personne. Et, s’il m’arrive de juger, mon jugement est vrai parce que je ne suis pas seul : j’ai avec moi le Père, qui m’a envoyé. Or, il est écrit dans votre Loi que, s’il y a deux témoins, c’est un vrai témoignage. Moi, je me rends témoignage à moi-même, et le Père, qui m’a envoyé, témoigne aussi pour moi. » Les pharisiens lui disaient : « Où est-il, ton père? » Jésus répondit : « Vous ne connaissez ni moi ni mon Père; si vous me connaissiez, vous connaitriez aussi mon Père. »

Il prononça ces paroles alors qu’il enseignait au Temple, du côté du Trésor. Et personne n’arrêta, parce que son heure n’était pas encore venue.

Commentaires :

Jésus disait aux Juifs : « Moi, je suis la lumière du monde. » Moi qui suis sans éclat devant vous, ni par ses diplômes, ni par son lieu d’origine, ni par ses amis (es), ni par sa fonction ou celle de son papa, moi, je suis la lumière du monde.» Je suis la lumière qui brille dans les ténèbres de vos lumières artificielles, je suis la lumière de l’esprit qui garde le cœur sur le chemin de la vie. Moi, le pauvre fils de charpentier, je suis la lumière du monde. Moi, l’ouvrier, je suis la lumière du monde. 

Les auditeurs de Jésus s’offusquent d’entendre de telles paroles venant de la bouche de cet homme venant de Nazareth. Ils grincent des dents, se ferment les oreilles pour ne pas en entendre plus. Et Jésus de poursuivre : Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie.» 

Comment cet homme de rien peut-il prétendre être la lumière de la vie? La loi ne suffit-elle pas? Les pharisiens exaspérés par ce qu’ils considèrent comme une prétention inqualifiable lui dirent : « Tu te rends témoignage à toi-même, ce n’est pas un vrai témoignage.» 

Ils ne voient pas le détachement qu’il faut à Jésus de sa propre personne pour affirmer chose pareille. Dire une telle chose à un auditoire qui ne cherche que prétexte à le condamner n’a rien d’une prétention, c’est un don gratuit qu’il fait de sa personne en proclamant la vérité de son identité. « Moi, je suis la lumière du monde.» Moi, je suis la lumière de la vie.» Il est ce qu’il est pour les autres et non pour lui-même. 

Jésus pourrait très bien se taire s’il est ce qu’il est et pourtant il choisit de le dire parce qu’il vient se faire lumière de notre nature et pour cela, il prend un visage comme tous les êtres humains afin de nous tirer des bras de la mort en descendant dans la mort pour nous pour revenir à la vie. 

Il faudrait entendre des milliards de mercis dans la vie, des milliards d’alléluias devant tant de miséricorde de la part de Dieu qui se livre en son Fils pour nous tirer de ce qui nous divise et nous tue. Ce n’est pas des louanges qui se font entendre, ce ne sont que des regards qui voient de l’extérieur, qui ne jugent que sur les apparences. Lorsque les mêmes pharisiens ont amené aux pieds de Jésus la femme prostituée, ils avaient tous ce regard extérieur sur cette femme comme sur Jésus et pourtant Jésus les conduira à l’intérieur d’eux-mêmes pour qu’ils voient du dedans : « Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui lance la première pierre.» Silence dans la foule. Il n’y a que le son des pierres retombant au sol qui parlent. 

« Vous, vous jugez de façon purement humaine. » Éteignez cette lumière extérieure qui vous fait croire que vous voyez parce que vous êtes vus. Allumez cette lumière intérieure pour voir la lumière de la vie qui vient mourir pour vous et se réanimer pour vous afin d’entrainer la multitude dans sa lumière de vie. 

Les pharisiens se refusent d’éteindre cette lumière extérieure qui les fait demeurer dans les ténèbres. « Le Verbe était la lumière véritable, qui éclaire tout homme; il venait dans le monde. Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli.» ( Jn 1, 9-11)

Ils ne reconnaissent pas l’humilité, ils n’entendent rien à l’amour et c’est pourquoi cet amour qui est devant eux, cet abaissement du Fils de Dieu, ils n’y entendent rien et n’y voient rien. Ils s’enferment dans la Loi, cette loi qu’ils ne parviennent même pas à mettre en pratique. Ils se couvrent de la loi pour mieux se convaincre qu’ils la pratiquent et pourtant ils ne savent que la dire et ne font en rien ce qu’elle dit, car s’ils la pratiquaient, ils reconnaitraient celui qui vient accomplir cette Loi. 

« Car la Loi fut donnée par Moïse; la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Nul n’a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est tourné vers le sein du Père, lui, l’a fait connaître.» ( Jn 1, 17-18) Qui mieux de Jésus qui vient de Dieu peut nous faire connaitre Dieu et nous dire qu’il est notre Père et que ce Père nous pouvons le voir en le voyant se livrer pour nous par amour. 

 « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui.» ( Jn 3, 16-17)

NDC