8 janv, Jn 3, 22-30, Il faut qu’il grandisse.

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Évangile :

Jésus se rendit en Judée, accompagné de ses disciples; il y séjourna avec eux, et il baptisait. Jean, de son côté, baptisait à Aïnone, près de Salim, où l’eau était abondante. On venait là pour se faire baptiser. En effet, Jean n’avait pas encore été mis en prison.

Or, les disciples de Jean s’étaient mis à discuter avec un Juif à propos des bains de purification. Ils allèrent donc trouver Jean et lui dirent : « Rabbi, celui qui était avec toi de l’autre côté du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise, et tous vont à lui! »

Jean répondit : « Un homme ne peut rien s’attribuer sauf ce qu’il a reçu du Ciel. Vous-mêmes pouvez témoigner que j’ai dit : « Je ne suis pas le Messie, je suis celui qui a été envoyé avant lui. » L’époux, c’est celui à qui l’épouse appartient; quand à l’ami de l’époux, il se tient là, il entend la voix de l’époux, et il en est tout joyeux. C’est ma joie, et j’en suis comblé. Lui, il faut qu’il grandisse; et moi, que je décroisse. »

Commentaires :

En ce monde, nous voyons de la manière que nous voulons voir. Nous privilégions une façon de voir propre à notre conception du monde. Ainsi l’un verra le pauvre comme un paresseux, l’autre comme un frère, un autre comme un raté. Le pauvre lui, verra le riche soit comme un exploiteur, une personne plus intelligente que lui, une personne née avec une cuillère d’argent dans la bouche.

Se dégager des filtres sur nos yeux afin de libérer notre regard de tous préjugés exige un effort constant de lucidité, de maîtrise de soi, d’amour des autres aussi.

Jésus baptise, Jean baptise aussi. Les disciples de Jean n’arrivent pas à voir le pourquoi du baptême de Jésus et pourquoi les gens vont à lui plutôt qu’à Jean maintenant?

Jean lui voit bien la différence, il connaît bien la source de son inspiration et qu’il ne peut se l’attribuer. Combien d’entre nous prennent le temps de ne pas s’attribuer le mérite de ce qu’ils sont et de ce qu’ils ont?

Brahms, le grand musicien, disait : « Avant de composer, je pose trois questions, en toute humilité, à mon Créateur : ‘D’où venons-nous?’, ‘Où allons-nous ?’ et ‘Pourquoi?’. Je sens, instantanément après, des irradiations qui me pénètrent entièrement. Elles émanent de l’Esprit qui éclaire les forces de l’âme, et dans cet état second, je vois clairement ce qui m’est obscur dans un état ordinaire. Ensuite, je me sens capable, comme Beethoven, de me faire inspirer d’En-Haut. Car Dieu est la Source vive, dont tout dépend. » Ils ne sont pas rares ceux qui reconnaissent que tout leur vient de Dieu, chez les scientifiques aussi.

Écoutez Xavier le Pichon, océanographe, à 3000 mètres de profondeur, qui avec ses compagnons sont les premiers hommes à découvrir ses paysages de Genèse : « Dans la mince coquille du sous-marin, nous étions les premiers hommes à découvrir ce paysage de Genèse, la croûte vierge, produit du mariage du feu et de l’eau. J’avais rendez-vous avec la Terre pour offrir à Dieu les grandes falaises d’une lave noire qui scintillait sous les projecteurs du sous-marin, au milieu de la nuit absolue de l’eau glacée où les taches lumineuses révélaient la présence d’animaux étranges.

Bien plus que la Terre, c’était Dieu qui m’avait donné rendez-vous pour que je vienne lui offrir sa création, émergeant de sa longue histoire géologique. »

Jean aussi reconnaît dans la nuit absolue où nous sommes qu’il n’est qu’une lampe, une tache lumineuse et il nous montre où regarder pour voir Celui qui vient faire émerger le monde nouveau, qui vient régénérer ce monde.

Comment voir cette lumière qui travaille dans l’ombre pour nous faire sortir de nos tombeaux de vivants et de morts :

Jésus dit : « 

Enlevez la pierre !  » Marthe, la sœur du mort, lui dit :  » Seigneur, il sent déjà : c’est le quatrième jour. « Jésus lui dit :  » Ne t’ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu?  » (Jn 11:39-40)

La gloire de Dieu comment ne pas la reconnaître comme Brahms, Le Pichon dans la joie que Jésus apporte à la sœur de Lazare, dans la joie de Pierre qui est pardonnée après son reniement, dans la joie que nous découvrons si nous prenons le temps de laisser sa parole nous régénérer. Nous ne pouvons pas ne pas reconnaître l’époux de notre âme.  

NDC