8 janv, Mc 1, 7-11, La Colombe et l’Agneau

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Évangile :
Il proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales.
Moi, je vous ai baptisés dans l’eau; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »
Or, à cette époque, Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et se fit baptiser par Jean dans le Jourdain.
Au moment où il sortait de l’eau, Jésus vit le ciel se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe.
Du ciel une voix se fit entendre : « C’est toi mon Fils bien-aimé; en toi j’ai mis tout mon amour. »
Commentaires :
En entendant ce que Jean Baptiste proclamait ce jour-là, près du Jourdain, plusieurs auditeurs pouvaient se dire que Jean Baptiste n’allait pas très bien. Il se mésestimait pour se dévaloriser de la sorte. Si nous entendions un président dire que son successeur sera plus puissant que lui, nous serions étonnés. Jamais un tel propos n’a été tenu par une personne ayant un certain pouvoir. Cette déclaration de Jean Baptiste montre qu’il n’exerce pas sa tâche pour en tirer quelques avantages immédiats. Son baptême est là pour servir Dieu qui l’a appelé à cette mission dès le ventre de sa mère. Son père Zacharie lors de la présentation de son fils au temple fut rempli de l’Esprit et prophétisa : « Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut; car tu marcheras devant le Seigneur, pour lui préparer les voies, pour donner à son peuple la connaissance du salut par la rémission de ses péchés; grâce à la tendresse, à l’amour de notre Dieu, quand nous visite l’Astre d’en haut, pour illuminer ceux qui demeurent dans les ténèbres et l’ombre de la mort, afin de guider nos pas dans le chemin de la paix. » (Lc 1, 76-79)
Jean Baptiste ne se sert pas de Dieu, il est au service de son dessein d’amour sur l’humanité. Son papa lui a bien enseigné à faire la différence entre la lampe qui brille dans le désert et l’Astre d’en haut qui vient illuminer les ténèbres et l’ombre de la mort, pour guider la multitude dans le chemin de la paix. Jean distingue bien son baptême du repentir et le Baptême qui vient remettre les péchés, le baptême avec de l’eau et le baptême dans l’Esprit, le baptême dans le Jourdain et le baptême dans la mort du Christ.
Les auditeurs de Jean Baptiste ce jour-là n’ont pas la même lucidité sur la grandeur de celui qui vient après lui. Ils sont déjà dans l’admiration devant la vie que mène Jean-Baptiste, ils se demandent même s’il n’est pas celui qui est attendu. Ce jour-là, Jean Baptiste en déçoit plusieurs qui l’entendent tenir ces propos. « S’il y avait quelqu’un de plus grand que le prophète du désert, nous l’aurions vu », se disent-ils. Jean Baptiste ne va pas très bien aujourd’hui pour prétendre qu’il n’est pas digne de défaire la courroie de la sandale de celui qui vient après lui pour baptiser dans l’Esprit Saint. En écoutant les propos du prophète, plusieurs s’interrogent sur ce que pourrait être un baptême dans l’Esprit Saint. L’Esprit, qui peut le voir, il est esprit? Comment reconnaître un baptême que nous ne pouvons voir? Pour voir celui qui vient après lui et qui est plus puissant, il faudra croire en celui sur qui Jean Baptiste reconnaîtra l’Esprit. « Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. Jean lui rend témoignage et il clame : “C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi, le voilà passé devant moi, parce qu’avant moi il était.” (Jn 1, 14-15)
Nous pouvons imaginer la stupéfaction de Jean Baptiste lorsqu’il reconnaît celui qui était avant lui venir vers lui pour recevoir son baptême. “Le premier; l’en détournait, en disant : ‘C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et toi, tu viens à moi! ’ Mais Jésus lui répondit : ‘Laisse faire pour l’instant : car c’est ainsi qu’il nous convient d’accomplir toute justice.’ (Mt 3, 14-15) Jean reconnaissait en cet homme Jésus, le Verbe fait chair, l’Astre d’en haut, la lumière qui est la vie de l’humanité, l’Agneau de Dieu. Pourtant à son aspect, Jésus était reconnu comme un homme, il n’en était pas moins de condition divine. Comment se trouver digne devant tant d’humilité? ‘Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales.’ Je ne suis pas digne de jeter mon regard sur lui. Il n’y a pas d’humiliation à son égard assez grande pour égaler l’humiliation que Jésus subit pour nous rendre notre dignité et nous élever à la sienne. ‘Lui, de condition divine, ne retient pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit lui-même, prenant condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur une croix! ’ (Ph 2, 6-8)
Le ciel ne pouvait se taire devant tant d’humilité, devant tant de tendresse, devant tant d’amour miséricordieux. Le ciel se déchira pour rendre témoignage à une telle humilité qui peut produire une si grande miséricorde envers ceux qui le cloueront sur une croix, qui le condamneront à une mort infâme. L’Esprit descendra sur lui sous la forme d’une colombe, l’offrande du pauvre au Temple. Il descend sur celui qui est l’offrande de Dieu pour le salut de l’humanité, son Fils Unique. Qui peut se trouver assez digne pour défaire la courroie de la sandale de celui qui se laissera dépouiller de tous ses vêtements et crucifier sur une croix pour donner sa vie éternelle aux mortels qui le font mourir? Qui peut avoir un cœur pouvant exprimer la gratitude qui revient à un tel amour? Nous sommes tous pécheurs et donc tous privés de ce cœur pouvant rendre à Dieu une parcelle de son amour, une miette de gratitude. ‘Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales.’ Il a bien raison Jean Baptiste et pourtant, il le baptisera ce Jésus qui vient baptiser Jean dans sa mort, dans le don de sa vie pour lui rendre sa dignité par son amour. ‘Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui.’ (Jn 3, 16-17)
Au moment de la consécration, où Jésus entre dans le pain et le vin, n’entendez-vous pas du ciel une voix : ‘C’est toi mon Fils bien-aimé; en toi j’ai mis tout mon amour.’
NDC