9 avril, Jn 8, 21-30 : « Qui es-tu donc? » Jésus leur répondit : « Je n’ai pas cessé de vous le dire.

 In Méditer les écritures


Évangile :

Jésus disait aux Juifs : « Je m’en vais; vous me chercherez et vous mourrez dans votre péché. Là où moi je m’en vais, vous ne pouvez pas y aller. »

Les Juifs disaient : « Veut-il donc se suicider, puisqu’il dit : “Là où moi je m’en vais, vous ne pouvez pas y aller?” Il leur répondit : “vous, vous êtes d’en bas; moi, je suis d’en haut. Vous êtes de ce monde; moi, je ne suis pas de ce monde. C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés. Si, en effet, vous ne croyez pas que moi, Je Suis, vous mourrez dans vos péchés.”

Ils lui demandaient : “Qui es-tu donc?” Jésus leur répondit : “Je n’ai pas cessé de vous le dire. J’ai beaucoup à dire sur vous, et beaucoup à condamner. D’ailleurs celui qui m’a envoyé dit la vérité, et c’est de lui que j’ai entendu ce que je dis pour le monde.” Ils ne comprirent pas qu’il leur parlait du Père.

Jésus leur déclara : “Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, Je Suis, et que je ne fais rien par moi-même, mais tout ce que je dis, c’est le Père qui me l’a enseigné. Celui qui m’a envoyé est avec moi; il ne m’a pas laissé seul parce que je fais toujours ce qui lui plaît.”

Sur ces paroles de Jésus, beaucoup crurent en lui.

Commentaires :

Jésus, tel un médecin tenant en main le remède souverain, tente de convaincre les pharisiens qui l’écoutent de bien vouloir venir à lui pour obtenir guérison. Évidemment avec Jésus, ces gens se trouvent devant le médecin céleste, celui qui soigne de manière définitive, celui qui donne la santé éternelle, tant du corps que de l’âme. Il est venu du ciel pour nous guérir et sa médecine est pour tous et elle est gratuite. Il n’y a pas d’attente à l’urgence. Les soins sont immédiats. 

Les pharisiens n’entendent rien à son désir de vouloir les soigner. Ils sont dans le tourbillon de la vie, ils ne ressentent en rien les effets des maladies de l’âme et leur corps encore en santé ne les questionne pas sur les limites de la vie. 

Jésus pourrait très bien les abandonner à l’endurcissement de leur cœur et ne pas chercher à leur adresser la parole. Il pouvait bien se taire comme devant Hérode qui lui demande des prodiges, ou comme devant Pilate. 

Non, Jésus témoigne de la vérité et leur dit ouvertement que Dieu le Père est en lui et qu’il est dans le Père et que personne ne peut aller au Père sans passer par lui qui vient du Père parmi nous afin de se faire le chemin vers le Père. Les pharisiens demeurent fermés aux paroles de Jésus. Ils ne veulent pas voir ce qu’il leur dit à son sujet.

Jésus les implore de l’écouter : “Je m’en vais; vous me chercherez et vous mourrez dans votre péché. Là où moi je m’en vais, vous ne pouvez pas y aller.”  Ils n’entendent rien à ce départ dont Jésus leur parle et pas plus au fait qu’ils le chercheront. Ils le cherchent déjà et c’est pour le tuer et leur plus grand désir c’est de le voir disparaitre à jamais. Ce qu’ils ne voient pas c’est qu’un jour, la maladie, la vieillesse, les emporteront dans la solitude et ce jour-là, ils se tourneront vers le Père pour les tirer de la détresse. Ils chercheront celui qui est là devant eux et qui déjà veut les soigner de cette solitude inévitable afin qu’ils se retrouvent avec lui dans la maison du Père. Vous mourrez dans votre péché si vous ne venez pas soigner vos blessures dans mes blessures et ainsi vivre dans le Père, avec le Père. “Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera et vous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles; et la parole que vous entendez n’est pas de moi, mais du Père qui m’a envoyé.” (Jn 14, 23-24)

Les pharisiens restent indifférents à la parole de Jésus, ils la réduisent à la mesure de leur condition de mortel, de pécheur. “Veut-il donc se suicider, puisqu’il dit : ‘Là où moi je m’en vais, vous ne pouvez pas y aller?’’’ Que de bêtises nous disons quand tout va bien pour nous ! Jésus est là pour eux comme pour la multitude. Il ne veut en rien se suicider, mais mourir pour eux afin de vaincre la mort par la puissance du père en lui qui le glorifiera dans la mort. Il sera la Porte du Royaume du Père, le Chemin et nous laissera l’Esprit Saint pour nous mener sur ce chemin. « Je vous ai dit cela tandis que je demeurais près de vous. Mais le Paraclet, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. Je vous laisse la paix; c’est ma paix que je vous donne; je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre coeur ne se trouble ni ne s’effraie. » (Jn 14, 25-27)

Les pharisiens ne comprennent pas, ils sont enlisés dans leurs apparences de justes, dans leurs préceptes humains et leurs traditions. ‘Mon âme, tu as quantité de biens en réserve pour de nombreuses années; repose-toi, mange, bois, fais la fête.’ Mais Dieu lui dit : ‘Insensé, cette nuit même, on va te redemander ton âme.’ (Lc 12, 19-20) Tout va bien pour eux. Ils sont loin de la solitude de la mort et de son néant, emmitouflés de leurs pensées d’en bas. 

‘Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, Je Suis, et que je ne fais rien par moi-même, mais tout ce que je dis, c’est le Père qui me l’a enseigné. Celui qui m’a envoyé est avec moi; il ne m’a pas laissé seul parce que je fais toujours ce qui lui plaît.’

Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme sur la croix, vous comprendrez qu’il est venu d’en haut, non pour recevoir la gloire du monde d’en bas, mais pour donner à la multitude la gloire qu’il tient du Père et les élever à la vie éternelle.

Vous comprendrez, ce jour, que vous êtes aimés et que je ne veux pas vous laisser seul. Vous comprendrez que pour vivre, il faut mourir avec moi pour ressusciter à la vie qui mène à l’unité avec le Père, le Fils dans l’Esprit Saint.

NDC