9 février, Mc 6, 30-34 : Simon, tu dors!

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Évangile :
Les Apôtres se réunissent auprès de Jésus, et lui rapportent tout ce qu’ils ont fait et enseigné.
Il leur dit : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » De fait, les arrivants et les partants étaient si nombreux qu’on n’avait même pas le temps de manger.
Ils partirent donc dans la barque pour un endroit désert, à l’écart.
Les gens les virent s’éloigner, et beaucoup les reconnurent. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux.
En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de pitié envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les instruire longuement.
Commentaires :
Ces Apôtres, tout enthousiastes, qui reviennent de mission, rapportant à Jésus tout ce qu’ils ont fait et enseigné, ce sont les mêmes qui bientôt se disperseront chacun de son côté pour laisser Jésus seul. Ce sont les mêmes qui demain affirmeront ne pas le connaître de peur de passer pour l’un de ses disciples. « N’es-tu pas, toi aussi, de ses disciples? » Lui le nia et dit : « Je n’en suis pas. » Un des serviteurs du grand prêtre, un parent de celui à qui Pierre avait tranché l’oreille, dit : « Ne t’ai-je pas vu dans le jardin avec lui? » De nouveau Pierre nia, et aussitôt un coq chanta. » (Jn 18, 25-27)
Où sera passé cet enthousiasme qui les rendait si volubiles? Où sera cet enseignement qu’ils répandaient et ce faire qu’ils rapportaient à Jésus? Ils seront devenus aussi muets que les muets à qui ils rendaient la parole avec tant de fierté, aussi paralysés que les paralysés qu’ils retournaient chez eux avec leur grabat.
Jésus les amène à l’écart dans un endroit désert pour les dégager de l’éclat de la gloire humaine, les reposer de ce qui n’apporte pas le repos. « Je vous laisse la paix; c’est ma paix que je vous donne; je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre coeur ne se trouble ni ne s’effraie. » (Jn 14, 27)
Venez à l’écart dans un endroit désert, pour reprendre vos esprits et vous reposer de l’éclat de la poussière que votre faire soulève. « De la gloire, je n’en reçois pas qui vienne des hommes. » (Jn 5, 41)
« Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. » (Lc 9, 58) Il n’y a pas d’endroit où reposer sa tête en ce monde sans unité dans l’amour. Il n’y en aura pas de lieu de repos tant que Jésus ne reposera pas sa tête sur la croix pour ensuite entrer dans sa gloire.
Reposez-vous un peu pour trouver la force de sortir de votre sommeil et entrer dans l’esprit d’amour de Celui qui vient au nom du Père.
« Simon, tu dors? Tu n’as pas eu la force de veiller une heure? Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l’esprit est ardent, mais la chair est faible. » Puis il s’en alla de nouveau et pria, en disant les mêmes paroles. De nouveau il vint et les trouva endormis, car leurs yeux étaient alourdis; et ils ne savaient que lui répondre. Une troisième fois il vient et leur dit : « Désormais vous pouvez dormir et vous reposer. C’en est fait. L’heure est venue : voici que le Fils de l’homme va être livré aux mains des pécheurs. Levez-vous! Allons! Voici que celui qui me livre est tout proche. » (Mc 14, 37-42)
Simon, tu dors? Simon dort, car il ne comprend pas que Jésus doive endurer toutes les souffrances de la croix pour le réveiller à la vie de l’Esprit, pour le faire renaître et lui donner un enthousiasme fondé sur la paix qu’il donne.
« Le Fils de l’homme doit beaucoup souffrir, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, après trois jours, ressusciter »; et c’est ouvertement qu’il disait ces choses. Pierre, le tirant à lui, se mit à le morigéner. Mais lui, se retournant et voyant ses disciples, admonesta Pierre et dit : « Passe derrière moi, Satan! car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes! » (Mc 8, 31-33)
Simon, tu dors! Tes pensées sont toujours celles du monde et tu aimes Jésus à la manière de l’homme. « Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique. » (Jn 5, 44)
« Il vient donc à Simon-Pierre, qui lui dit : “Seigneur, toi, me laver les pieds?” Jésus lui répondit : “Ce que je fais, tu ne le sais pas à présent; par la suite tu comprendras.” Pierre lui dit : “Non, tu ne me laveras pas les pieds, jamais!” Jésus lui répondit : “Si je ne te lave pas, tu n’as pas de part avec moi.” Simon-Pierre lui dit : “Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête!” (Jn 13, 6-9)

Simon, tu dors! C’est bien de ce sommeil de notre esprit qu’il faut se reposer pour l’éveiller et entrer avec Jésus dans sa gloire qui éveille l’esprit à l’amour de tous, sans exception. Ce n’est pas un privilège de servir Jésus, c’est une responsabilité que nous avons envers tous, car la foule doit saisir notre cœur de pitié devant le sort qui les attend sans le Christ au moment d’entrer dans la mort.
Simon, tu dors! Tu dois te réveiller pour entrer dans la mort avec celui qui meurt pour toi afin de te faire vivre en ce monde pour mourir comme lui pour tous les autres. Il n’y a aucune gloire humaine à retirer de ce dessein d’amour.
“Voici venue l’heure où doit être glorifié le Fils de l’homme. En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd; et qui hait sa vie en ce monde la conservera en vie éternelle. Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera.” (Jn 12, 23,26)
Jésus quitte ce lieu désert et retourne vers la foule qui est sans berger pour traverser les ravins de la mort, pas plus que pour trouver les pâturages pour nourrir l’amour qui n’a de repos qu’en se livrant pour les autres.
Simon, tu dors! Réveille-toi et constate que ce Jésus est un signe de contradiction en ce monde où la mort sans fin règne. Il est la vie éternelle, la lumière de la vie, il est tout le contraire de ce qu’est notre vie mortelle. Syméon le disait à sa mère : “Vois! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël; il doit être un signe en butte à la contradiction — et toi-même, une épée te transpercera l’âme! — afin que se révèlent les pensées intimes de bien des coeurs.” (Lc 2, 34-35)
Oui, Pierre, l’épée de sa parole te traversera le cœur pour te réveiller l’âme et te conduire en son repos, pour t’établir comme première pierre vivante de son Église, immobile et paisible en ce monde trouble.
“Qui aime sa vie la perd; et qui hait sa vie en ce monde la conservera en vie éternelle.” N’est-ce pas le contraire de ce que ce monde fait entendre? “Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car elle m’a été livrée, et je la donne à qui je veux. Toi donc, si tu te prosternes devant moi, elle t’appartiendra tout entière.” (Lc 4, 6-7)
L’éclat de tous ces royaumes nous séduit et nous excite pour mieux nous endormir à la valeur de la vie que la mort veut dévorer pour se perpétuer.
“Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi, celui-là la sauvera. Que sert donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui-même?” (Lc 9, 24-25)
Simon, tu dors!
“N’en soyez pas étonnés, car elle vient, l’heure où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix et sortiront : ceux qui auront fait le bien, pour une résurrection de vie, ceux qui auront fait le mal, pour une résurrection de jugement.” (Jn 5, 28-29) Mortels que nous sommes, heureux sommes-nous que l’Éternel soit venu parmi nous pour faire entendre sa voix et nous sortir du sommeil de la mort pour entrer dans l’unité des enfants de Dieu.
“Mais l’heure vient — et c’est maintenant — où les véritables adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité, car tels sont les adorateurs que cherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui adorent, c’est en esprit et en vérité qu’ils doivent adorer.” (Jn 4, 23-24)

NDC