9 janv. Lc 3, 15-16. 21-22 C’est toi, mon Fils aimé ; en toi j’ai mis tout mon amour.»

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Le peuple venu auprès de Jean-Baptiste était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Messie. Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau, mais il vient, celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu. »

Comme tout le peuple se faisait baptiser et que Jésus priait, après avoir été baptisé lui aussi, alors le ciel s’ouvrit. L’Esprit Saint descendit sur Jésus, sous une apparence corporelle, comme une colombe. Du ciel une voix se fit entendre : « C’est toi mon Fils bien-aimé; en toi j’ai mis tout mon amour. »

Commentaires :

L’occupation par l’armée romaine était omniprésente sur la terre d’Israël. L’haleine de César par la voix des armes de ses soldats se répandait chaque jour dans chaque maison. L’appétit de l’empereur et de ses gouverneurs pour les richesses était sans limites et les taxes imposées ne parvenaient pas à satisfaire leur gourmandise. 

Le peuple vivait dans l’angoisse sous le pouvoir de cet empereur qui se croyait Dieu et exigeait prosternation et vénération. Une prière constante montait au ciel pour implorer le Dieu unique d’envoyer le Messie attendu pour leur rendre la liberté. Il y avait Jean Baptiste au désert qui éveillait dans le cœur du peuple un espoir par son attitude « et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Messie.»

Jean n’était pas sourd à cette interrogation à son sujet lorsque le peuple venait à lui pour se faire baptiser. Il aurait voulu leur crier qu’il n’était qu’une petite lampe qui brillait dans le désert qui préparait le chemin à la lumière de la vie, cette lumière qui purifie le regard et donne de voir Dieu dans ce monde de ténèbres et d’accomplir ce qui plait à Dieu. «Il y eut un homme envoyé de Dieu; son nom était Jean. Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. Celui-là n’était pas la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière. Le Verbe était la lumière véritable, qui éclaire tout homme; il venait dans le monde.» ( Jn 1, 6-9)

Jean souffrait de voir dans les yeux de ceux qui venaient à lui le Messie attendu. Jean n’ignore pas qu’il n’est qu’une voix dans le désert, un mortel comme tous les mortels, il n’est pas le Verbe de Dieu, le Verbe qui se fait chair pour venir sauver le genre humain. Il n’est qu’une voix, qu’une petite lampe dans l’obscurité, il n’est pas la lumière de vie, la lumière de la lumière, la lumière qui chasse toute obscurité. 

Moi, Jean je ne suis pas la résurrection et la vie. Moi, Jean, ma chair n’est pas une nourriture et mon sang une boisson de vie éternelle. Moi, Jean, je ne suis pas celui en qui tout subsiste, celui par qui tout a été créé, celui qui était avant que le monde soit. Moi, Jean je ne viens pas d’auprès du Père, je ne suis pas le chemin, la vérité et la vie. 

Jean plonge ses mains dans l’eau du Jourdain. Il les élève vers le ciel pour reverser l’eau dans le fleuve en disant : Moi, je vous baptise avec de l’eau, ce n’est que de l’eau et cette eau ne peut changer vos cœurs. Moi, je ne fais que vous appeler à vous convertir pour ouvrir les yeux afin de reconnaître celui qui vient vous baptiser dans sa mort et sa résurrection et vous faire renaître à la vie éternelle. 

Comment pouvez-vous voir en moi celui qui vient d’auprès de Dieu, celui par qui tout subsiste, celui qui est « Je Suis» ? Comment pouvez-vous prendre la voix pour le Verbe Créateur ? 

Pourtant, je vous le dis, celui que vous attendez est là, il vient, il est tout près et vous ne le reconnaissez pas parce que vous attendez un Messie empereur, un Messie avec des armées qui vous rendrait maîtres du monde. 

«Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli.» ( Jn 1, 19-11) Convertissez-vous, renversez vos mentalités anciennes pour reconnaître celui qui n’est qu’amour et dont l’étreinte est pour tous, sans exception. 

Jésus était là au milieu de la foule, il était en prière, il était prière, notre prière. Il descend dans l’eau pour être baptisé, cette eau dont il est le créateur, il y descend comme il est descendu dans le sein de sa mère pour se faire chair afin de renouveler notre chair et l’élever à sa dignité de Fils de Dieu. Jésus descend dans l’eau comme il est descendu du ciel pour venir jusqu’à nous. Le ciel, créature de celui qui descend dans l’eau, s’ouvre comme l’eau se tasse pour laisser entrer Jésus et l’enserrer de tous côtés. Le ciel s’ouvre comme la mer se fendit pour laisser le peuple passer à pied sec lors de sa libération de l’Égypte. L’Esprit Saint, celui-là même qui a engendré Jésus dans le sein de Marie descend sous une forme corporelle, comme une colombe, cet oiseau annonçant à Noé que le temps du déluge était terminé et que s’ouvrait le monde nouveau. Il descend au-dessus de celui qui est descendu parmi nous pour nous sauver de l’esclavage du péché et de la mort. Une voix se fit entendre pour témoigner que ce Jésus est bien celui dont Jean dit qu’il n’est pas digne de défaire la courroie de la sandale, il est bien le Messie que le peuple attend pour sa délivrance. La Trinité Sainte est toute présente comme le Dieu unique pour nous crier son amour et déposer la joie et la paix dans nos cœurs. 

 « C’est toi mon Fils bien-aimé; en toi j’ai mis tout mon amour. »

Quel amour !

NDC