9 janv, Mc 6, 45-52, Ils le virent marcher sur la mer

 In Méditer les écritures

Évangile :
Aussitôt après avoir nourri la foule, Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, vers Bethsaïde, pendant que lui-même renvoyait la foule. Quand il les eut congédiés, il s’en alla sur la montagne pour prier.
Le soir venu, la barque était au milieu de la mer et lui, tout seul, à terre. Voyant qu’ils se débattaient avec les rames, car le vent leur était contraire, il vient à eux vers la fin de la nuit en marchant sur la mer, et il allait les dépasser. En le voyant marcher sur la mer, les disciples crurent que c’était un fantôme et ils se mirent à pousser des cris, car tous l’avaient vu et ils étaient bouleversés. Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance! C’est moi : n’ayez pas peur! »
Il monta ensuite avec eux dans la barque et le vent tomba; et en eux-mêmes ils étaient complètement bouleversés de stupeur, car ils n’avaient pas compris la signification du miracle des pains : leur cœur était aveuglé.
Commentaires :
Le récit de la marche de Jésus sur les eaux suscite de nombreuses discussions. Les croyants préfèrent souvent ne pas en parler, les incroyants l’utilisent pour montrer que l’évangile tient de la légende. Un océanographe de l’université de la Floride du nom de Doron Nof prétend pour sa part fournir une explication scientifique à cette marche de Jésus sur les eaux.
Cette résistance à un fait aussi extraordinaire est compréhensible dans l’ordre de notre connaissance de la réalité. Pourtant, nous avons tellement à apprendre encore tant dans le domaine de la matière que dans celui de l’esprit. En psychologie, par exemple, il n’y a pas de consensus sur la conception de l’esprit. Certains courants prétendent que nous ne sommes que des êtres physico-chimiques, de simples produits de notre chimie génétique. Certaines philosophies aussi réduisent l’être humain à un néant.
Nous pourrions dire comme croyant que de droit, l’être humain est néant. Nous savons bien que nos entreprises même les plus louables aboutiront dans la mort. La planète a une fin donc où seront tous nos grands prodiges, nos œuvres, nos grands personnages? Pourtant, nous pouvons affirmer que par amour, nous sommes quelqu’un qui déborde le temps et l’ espace de la matière qui court à son retour à la poussière. Quelle maman en ce temps de Noël pourrait supporter l’idée que son enfant ne soit que poussière! Dès qu’elle regarde son bébé dans les yeux et qu’elle lui dit : » je t’aime!  » elle annonce la vie éternelle. Elle marche sur le temps et dans l’espace.
Jésus ne veut pas marcher sur l’eau pour marcher sur l’eau. C’est par amour qu’il accourt vers eux. « Voyant qu’ils se débattaient avec les rames… » Nous pourrions dire que c’est  » kétaine  » pourtant qui n’est pas à la recherche de l’amour surtout dans les temps des fêtes. L’amour est plus réel que la matière, lui que nous retrouvons partout au cinéma, en littérature, dans les écoles, les bureaux, les villes, les déserts. Quel pays, quelle civilisation ignore l’amour?
Jésus est poussé par l’Esprit au désert dans le récit des tentations, il est poussé comme par un vent parce qu’en lui ce qui est de l’esprit domine sur ce qui est de sa chair… Il faut relire le texte de Ga 5, 1.13-18 ou Paul nous invite à vivre sous la conduite de l’Esprit de Dieu pour ne pas obéir aux tendances égoïstes de la chair. Il montre qu’il y a opposition et affrontement entre ce que j’ai le goût de faire ou pas et ce que je devrais faire avec amour… Mais en vous laissant conduire par l’Esprit, vous n’êtes plus sujets de la Loi.
Jésus est conduit par l’Esprit :  » lui qui n’a jamais commis de péché ni proféré de mensonge : couvert d’insultes, il n’insultait pas; accablé de souffrances, il ne menaçait pas, mais il confiait sa cause à Celui qui juge avec justice. Dans son corps, il a porté nos péchés sur le bois de la croix, afin que nous puissions mourir à nos péchés et vivre dans la justice : c’est par ses blessures que vous avez été guéris.  » ( 1P 2, 22-24)
Ce n’est pas pour étaler sa vertu qu’il vient parmi nous. Il veut nous sauver du naufrage de la mort et du mal qui nous divise pour nous laisser seuls dans le vide, comme un astronaute sans nacelle.
Il veut marcher sur les  » os  » afin de nous ramener au rivage et que brille à nouveau dans tous les yeux cette étincelle de vie éternelle et que plus jamais une maman ne pleure son enfant.
Il ne faut pas avoir peur de l’amour, c’est loin d’être un fantôme qui vous fait croire que vous êtes aimés. Dieu est amour et il s’est laissé blesser pour nous guérir.

NDC