9 juillet, Mt 9, 18-26 : Crois-tu cela?

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Évangile :
Tandis que Jésus parlait aux disciples de Jean Baptiste, voilà qu’un chef s’approcha; il se prosternait devant lui en disant : « Ma fille est morte à l’instant; mais viens lui imposer la main, et elle vivra. » Jésus se leva et se mit à le suivre, ainsi que ses disciples.
Et voilà qu’une femme, souffrant d’hémorragies depuis douze ans, s’approcha par-derrière et toucha la frange de son vêtement. Car elle se disait en elle-même : « Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. » Jésus se retourna, la vit et lui dit : « Ta foi t’a sauvée. » Et la femme fut sauvée à l’heure même.
Jésus arrivé à la maison du chef, dit, en voyant les joueurs de flûte et l’agitation de la foule : « Retirez-vous. La jeune fille n’est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Quand il eut mis la foule dehors, il entra et saisit la main de la jeune fille, qui se leva.
Et la nouvelle se répandit dans tout ce pays.
Commentaires :
Jésus parlait aux disciples de Jean Baptiste. Il répondait à la question lancée par l’un d’entre eux : « Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas, alors que nous et les pharisiens nous jeûnons? » Ils sont convaincus que les sacrifices comme le jeûne sont essentiels pour se justifier devant Dieu. Pourtant, Jésus venait tout juste de dire : « Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C’est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. » (Mt 9,13) Mais qu’est-ce que la miséricorde envers les pécheurs en comparaison des sacrifices, marmonnent les pharisiens et les disciples de Jean Baptiste.? Allez apprendre, allez prendre le temps de comprendre ce qu’est la miséricorde! Il est facile de se cacher sous le vieux vêtement des pratiques de la tradition pour se croire juste à nos yeux et juger les autres qui ne font pas ainsi. « Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire? Quelle oeuvre vas-tu faire? Au désert, nos pères ont mangé la manne; comme dit l’Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. » (Jn 6, 30-31) Que peux-tu nous faire voir pour que nous puissions croire que tu peux changer ainsi la tradition?
« De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi. Tel est le pain qui descend du ciel : il n’est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts; celui qui mange ce pain vivra éternellement. » (Jn 6, 57-58) Il n’est plus question de survie avec le Christ pour atteindre une terre promise, il n’est plus question d’accepter l’emprise du mal et de la mort. Il n’est plus question de pain pour retrouver des forces physiques. Il est question de notre rachat à la mort, il est question de dette que Jésus vient prendre sur lui pour nous racheter et nous conduire à la vie. Il n’y a pas de comparaison entre l’ancien et le nouveau, le neuf est tout neuf, le vin nouveau est totalement nouveau. Nous parlons de mort de la mort avec ce vêtement nouveau, nous parlons de la fin à jamais du mur de la haine qui nous sépare.
Tandis qu’il parlait, voilà qu’un chef s’approche. Il est désespéré, il n’y a qu’à regarder ses yeux pour le constater. Voilà un chef de ce monde qui a rencontré son impuissance devant la mort d’un être aimée. Vers qui aller en ce monde devant un tel drame? Qui en ce monde peut ouvrir le tombeau de qui que ce soit? Le chef devant son impuissance ne voit que Jésus dans l’obscurité de ce monde qui brille de vie. Il le voit et se prosterne devant Jésus tellement sa peine d’avoir perdu sa fille l’écrase. Y a-t-il quelqu’un parmi les disciples de Jean Baptiste qui puissent rendre la vie à sa fille? Y a-t-il un pharisien avec son jeûne qui puisse obtenir le retour à la vie de sa fille? Le chef de la synagogue le sait bien qu’ils ne peuvent rien et que de plus ils le repousseraient.
Jésus pouvait bien refuser cette demande d’un chef de synagogue. Combien de ces chefs tentent de le piéger pour le faire condamner?
« C’est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. » Je suis venu appeler les morts pour qu’ils sortent de leurs tombeaux. Qui parmi nous ne goûtera pas le glaive de la mort? Qui n’est pas pécheur? C’est la miséricorde que je veux! Et Jésus suivra le chef pour se rendre chez lui. « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. (…) “Lazare, notre ami, s’est endormi; mais je m’en vais le tirer de ce sommeil. (…) Alors il leur dit clairement : ‘Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui! ’ (Jn 11, 4.11.14 -15) Jésus suit cet homme pour aller vers sa jeune fille morte afin qui le Fils de Dieu soit glorifié et sa gloire c’est que nous vivions, que nous portions du fruit. Jésus suit cet homme afin que notre foi en lui augmente et que nous puissions sortir de l’emprise du mal et demeurer dans son amour.
Jésus suit cet homme pour que nous n’hésitions plus à le suivre. En chemin, une femme souffrant depuis de nombreuses années, une femme qui avait touché à l’impuissance de toutes médecines et les religieux pour la soigner, une femme considérée comme impure à cause de ses pertes de sang, une femme exclue par son état de la communauté décide de s’approcher de Jésus. Son état lui interdit de lui parler, de s’avancer devant lui. Elle se dit qu’une miette de son pain vivant suffira pour la soigner, encore moins qu’une miette, le simple toucher de son vêtement lui permettra de retrouver le chemin de la vie avec les autres.
La foi de cette femme est admirable, tout comme celle du centurion qui refuse que Jésus entre chez lui se considérant indigne et qui ne demande pas plus qu’une parole de sa part pour se savoir exaucé. Jésus sent bien le bout de doigt de cette femme toucher la frange de son vêtement. À la transfiguration tout son vêtement devient d’une blancheur éclatante (Lc 9,29), il n’est pas moins éclatant lorsque nous ne le voyons pas. La foi permet de voir des réalités qu’on ne peut voir. Cette femme voit la lumière de vie qui émane de Jésus et sa foi la sauve de sa maladie qui la rendait impure aux yeux de tradition ancienne.
À la maison du chef, la mort règne déjà en maître et tous dans la maison se préparent pour jeter l’enfant dans l’étreinte froide de la mort.
‘Retirez-vous. La jeune fille n’est pas morte : elle dort.’ Retirez-vous, retirez-vous comme il disait aux vendeurs du temple. Retirez-vous, ma maison ne sera pas une maison où règne la mort et la division, ma maison ne sera pas une maison où les pleurs sont plus nombreux que les rires. Ma maison ne sera pas une maison où la vie sera plus courte que le temps dans la mort. Retirez-vous, elle dort.
Les vieilles outres ne voudront pas de ce vin nouveau. La vieille manière de penser et de s’assujettir à la mort ne voudra rien entendre à la défaite de la mort. Qui peut vaincre ce qu’aucun puissant de ce monde ne peut vaincre? Les moqueries se font entendre de partout dans la maison pendant que les gens se retirent.
Lorsque Jésus se retrouve seul avec la jeune fille, il la saisit par la main et elle se leva.
La nouvelle est si extraordinaire qu’elle se répand vite dans toute la ville. Mais qui peut croire que la toute-puissante mort, à qui personne n’échappe, puisse avoir rencontré plus puissant dans ce monde?
‘Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela? ’ (Jn 11, 25-26)
NDC