9 juin, Lc 2, 41-51 : « Maman » le premier mot de Jésus.

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Évangile :
Chaque année, les parents de Jésus allaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils firent le pèlerinage suivant la coutume. Comme ils s’en retournaient à la fin de la semaine, le jeune Jésus resta à Jérusalem sans que ses parents s’en aperçoivent. Pensant qu’il était avec leurs compagnons de route, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi les parents et connaissances. Ne le trouvant pas, ils revinrent à Jérusalem en continuant à le chercher.
C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. En le voyant, ses parents furent stupéfaits, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela? Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi! » Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché? Ne le saviez-vous pas? C’est chez mon Père que je dois être. » Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.
Il descendit avec eux pour rentrer à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces évènements.
Commentaires :
Douze ans déjà que Marie et Joseph vivent avec cet enfant dont la grâce suscite toujours l’émerveillement : « Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce sous le regard de Dieu et des hommes. » Sa mère, comme toutes les mères, garde en son cœur le souvenir de ce temps avec son premier et son seul enfant. Elle a bien en mémoire le jour de sa naissance dans la crèche, l’odeur de la paille, la visite des bergers intimidés comme s’ils se trouvaient dans un palais de cristal. Pourtant cette étable était plus modeste que leur propre maison. Elle se souvient des mages se prosternant devant cet enfant déposé dans la mangeoire. Ils étaient bouche bée devant l’humilité du palais du roi du ciel et de la terre, devant sa vulnérabilité en cette demeure sans soldats. L’étoile du ciel qui les a guidés jusqu’à Jésus témoigne de la grandeur de la gloire de cet enfant couché sur la paille. Marie se souvient de la lumière de cette étoile qui remplissait de joie tous ceux qui se baignaient dans sa clarté. Le vieux berger exténué souriait, il en oubliait tous ses maux, et le froid de la nuit. L’étoile semblait vouloir entrer pour adorer et exprimer sa joie. Marie se souvient, elle ne peut oublier! Toutes ces merveilles demeuraient présentes, si présentes que douze ans après, elles étaient toujours là devant ses yeux, aussi intenses, comme si les mages et les bergers étaient toujours près d’elle, inondés de joie.
Marie se souvient et le nombre de ses souvenirs indélébiles est aussi grand que chaque instant vécu avec cet enfant engendré par l’Esprit. Elle a en mémoire les premiers pas de cet enfant qui est son Seigneur et son Dieu. À qui pouvait-elle confier son étonnement extrême de voir ainsi son Dieu, la Sagesse éternelle, apprendre à marcher? Comment comprendre que par amour, son Seigneur se rende aussi vulnérable et se confie à ses soins? Si son cœur n’avait pas été immaculé, elle serait morte d’amour dès le jour de l’Annonciation. Insupportable amour pour un cœur qui n’est pas un Cœur immaculé, insupportable tendresse pour un Cœur qui n’est pas immaculé.
Marie se souvient! Quelle maman n’a pas en mémoire ce jour, où pour la première fois son enfant lui dit : « Maman »? À cet instant est monté dans son cœur les mots que sa cousine lui avait dits en entendant sa salutation lors de sa visite pour la soutenir dans sa maternité : « Et comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur? » (Lc 1, 43) Marie se disait pour sa part : « Et comment m’est-il donné que mon Seigneur me dise Maman? » Le Verbe de Dieu, la Parole vivante me nomme « Maman »! Comment m’est-il donné d’être ainsi nommée par mon Seigneur et mon Dieu? Marie devenait, à chaque fois que Jésus disait « Maman », la maman de tous, car elle était la maman de celui en qui tout subsistait, la maman de celui par qui tout a été créé. Une si grande maternité lui ramenait à la mémoire ce que le vieux Syméon lui avait dit en la voyant : « et toi-même, une épée te transpercera l’âme! — afin que se révèlent les pensées intimes de bien des coeurs. » (Lc 2,35)
Elle sera vraiment une maman qui portera toutes les créatures de son Seigneur dans son cœur! Tous, ils seront pour elle bien présents dans l’intimité, dans sa tendresse, dans sa constante bienveillance. Un jour, toutes les générations prendront conscience de sa présence maternelle de tous les instants à leur égard et personne ne pourra se taire pour la dire bienheureuse et chanter leur propre bonheur d’avoir reçu une mère comme elle.
Marie se souvient des sourires de Jésus, de ses éclats de rire, de ses câlins, de ses yeux se fermant à la douce musique de ses chants pour l’endormir. Comment ne pas entendre le battement de ce cœur unique jusqu’à nos jours? Elle traverse le ciel encore aujourd’hui pour venir à notre secours. Elle se joint à des petits enfants, souvent pour en faire des bergers d’immenses foules. Elle en fait ses instruments pour nous dire sa tendresse. Faites pénitence, comme si elle disait, ne vous couchez pas trop tard, mangez bien, prenez soin des autres, ce sont vos petits frères et vos petites sœurs. Faites pénitence et priez le bon Seigneur qui a fait que je sois sa mère pour être votre mère, priez-le pour demeurer dans l’esprit et vous approcher du Dieu vivant qui est Esprit. Adorez-le comme les mages, ne vous laissez pas surprendre par sa pauvreté, il est vraiment entièrement humain et divin dans le Pain qu’il vous donne. Comment traduire son amour dans ces mots de « Pénitence et Pénitence »?
Il faut la regarder s’inquiéter de l’absence de Jésus à ses douze ans pour comprendre combien elle nous aime. Marie n’ignore pas que cet enfant dont elle est la mère est le Fils de Dieu, elle sait bien que c’est son fils qui veille sur elle par le Père qui est en lui et l’Esprit. Pourtant, elle est remplie de la grâce de mère et elle s’inquiète de ne pas le voir près d’elle en chair et en os. Comment veiller sur Jésus et sur moi, si Jésus n’est pas avec moi pour donner sa plénitude afin d’être ce que le Père me demande d’être dans sa volonté d’amour?
Son cœur est un cœur de mère, il n’est que mère et ce cœur immaculé est tout aussi ardent à l’égard de chacun des enfants de Dieu.
Oui, Jésus veille sur sa mère, il prépare son cœur à son départ de trois jours dans la mort afin qu’à ce moment, elle demeure bien dans la foi pour garder la foi vivante en ce monde et faire naître l’Église, cette cathédrale de verre qui se construira à travers les siècles. Elle se construira dans la réalité non palpable tout étant visible, comme la présence de Jésus parmi nous sera visible et invisible dans toute sa gloire simultanément, jusqu’au jour que le Père a choisi.
Marie, ton cœur de mère nous enserre de tous côtés, apprends-nous à nous laisser porter par toi afin que nous devenions des pierres vivantes de l’Église dont Jésus est la tête!
Entendez-vous l’amour dans ces mots de Jésus adressés à sa mère : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché? Ne le saviez-vous pas? C’est chez mon Père que je dois être. »
NDC