9 mars, Mc 12, 28b-34 : Un scribe et l’amour!

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Évangile :
Un scribe s’avança vers Jésus et lui demanda : « Quel est le premier de tous les commandements? » Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
Le scribe reprit : « Fort bien, Maitre, tu as raison de dire que Dieu est l’Unique et qu’il n’y en a pas d’autre que lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices. »
Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. »
Et personne n’osait plus l’interroger.
Commentaires :
Un scribe s’avance vers Jésus, comme lorsque nous avançons la main pour recevoir le pain eucharistique, et il lui demande : « Quel est le premier de tous les commandements? » Oui, Jésus, quel est le premier commandement? Tu es dans ma main, je te regarde de haut et je te glisse sans émotion dans ma bouche pour t’ingérer. Oui, dis-moi, Jésus, quel est le plus grand commandement.
Qui peut entendre le cœur de Jésus battre dans ce pain, qui peut imaginer un amour qui s’abaisse à ce point pour nous nourrir de son amour qui donne la vie? C’est à pleurer de ne pas pleurer devant tant d’insensibilité à tant d’amour!
Qui pouvait imaginer un amour pareil sur cette terre?
De mon corps divin, je ferai du pain pour rendre ton corps semblable au mien, semblable à ce corps que j’ai engendré en Marie pour venir t’élever à ma dignité. Je laisserai transpercer ma poitrine pour verser mon sang et payer ta rançon à la mort, pour prendre sur moi tout ce qui t’éloigne de moi, pour te réconcilier avec moi. Pareil amour n’a pas d’égal sur terre, à tel point que nous ne parvenons pas à l’entendre ni à le ressentir. Nous te voyons bien sur la croix, nous te voyons dans notre main, nous voyons la lumière de la résurrection et nous pensons que tu viens nous mettre à genoux quand tu viens au contraire nous relever. Pitié Seigneur, je meurs de ne pas mourir avec toi pour ressusciter avec toi et courir aimer les autres comme tu m’aimes. Comment ton cœur est-il parvenu à désirer sauver celui qui se faisait ton ennemi? Comment ton cœur ne m’a-t-il pas gardé rancune de toutes mes indifférences en te prenant dans ma main, en t’ignorant?
Le pain est dans ma main, il est trempé dans le vin qui est son sang, je l’ingère et je pense à quoi? Je devrais mourir sur le champ de recevoir un si grand don et pourtant…
Un scribe s’avance, Jésus est à sa portée de main, Jésus le Soleil de Justice voile sa lumière pour ne pas l’aveugler, ni l’intimider. Un scribe s’avance devant celui par qui il subsiste, celui en qui il trouve le mouvement, la vie et l’être et il lui demande. « Quel est le premier de tous les commandements? » Et Jésus de lui répondre de la bouche du pain dans sa main : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. » Aime Dieu de tout cœur pour que son amour puisse te sauver, je t’en supplie. Aime Dieu du mieux que tu peux, de tout ton cœur, si pauvre soit-il, si insensible soit-il. Aime Dieu, car Dieu t’aime à un tel point que son amour te portera au paradis, aujourd’hui même : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. » (Jn 3, 16-17)
Écoute Israël, écoute, tends l’oreille, ouvre tout tes sens, aucun ne sera privé du cri de mes « Je t’aime ». Ne sens-tu pas l’odeur de la paille où enfant je me suis couché dans une mangeoire pour t’inviter à ma table? Et cette eau de la noce que j’ai changée en vin pour t’annoncer la fête plus grande que toutes les noces de cette terre. Et ce parfum de ma tendresse chez l’aveugle retrouvant la vue? Et le vent, et les poissons, et les pierres qui m’obéissent avant même que j’aie dit un mot?
Écoute, voit, sent, touche, goute aux merveilles de mon amour et approche-toi de moi qui me fais fragile entre tes mains pour me donner. Voici le second commandement… Tu aimeras ton prochain comme toi-même! Oui! comme toi-même, car il fait partie de toi en Dieu qui t’aime et aime l’autre comme il t’aime! Pourrais-tu fermer ton cœur à ton prochain pour qui le Dieu amour vient mourir pour lui donner la vie et le faire un avec lui et toi : « que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un : moi en eux et toi en moi, afin qu’ils soient parfaits dans l’unité, et que le monde reconnaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. » (Jn 17, 21-23)
Le scribe, ne voulant montrer son désarroi devant tant de sagesse, répond comme un maitre à un Maitre. Il était venu pour le piéger et se retrouve contraint de reconnaitre qu’il doit aimer Dieu en premier et son prochain comme lui-même en second. Comment pourrait-il fermer son cœur à Jésus et ne pas l’aimer comme lui-même? Tu as raison de dire que Dieu est l’Unique… et qu’aimer le prochain vaut mieux toutes les offrandes et les sacrifices. » Il a bien entendu : « Oui, au sanctuaire je t’ai contemplé, voyant ta puissance et ta gloire. Meilleur que la vie, ton amour; mes lèvres diront ton éloge. » (Ps 63,3-4) Oui, aimer son prochain vaut plus que tous les sacrifices et les offrandes. Le scribe s’étonne de voir son cœur brûler du feu de l’amour et de donner raison à celui que ses semblables veulent tuer.
« Tu n’es pas loin du royaume de Dieu, » lui répondra Jésus. Un silence criant la paix se répandit dans la foule et personne n’osait plus l’interroger.
Silence, l’Amour est dans ma main et c’est maintenant que je me donne à cet amour de tout mon pauvre coeur, comme il se donne à moi! Je ne suis pas loin, il est là dans ma main et pourtant, je suis loin sans la foi en cet amour qui me donne plus que je ne pourrai jamais lui rendre.
« Ne contristez pas l’Esprit Saint de Dieu, qui vous a marqués de son sceau pour le jour de la rédemption. Aigreur, emportement, colère, clameurs, outrages, tout cela doit être extirpé de chez vous, avec la malice sous toutes ses formes. Montrez-vous au contraire bons et compatissants les uns pour les autres, vous pardonnant mutuellement, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ. » (Éph 4, 30-32)
NDC