4 déc, Mt 9, 35- 10, 1.6-8 Les ouvriers et la moisson.

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Évangile:

Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité. Voyant les foules, il eut pitié d’elles, parce qu’elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, et les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »

Alors Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits mauvais et de guérir toute maladie et toute infirmité. Il leur dit : « Allez vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route, proclamez que le Royaume des cieux est proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. »

Commentaires :

Jésus est venu pour tous, il parcoure toutes les villes et tous les villages. Pas un racoin où quelqu’un peut être oublié, pas un endroit qui ne trouve sa présence, il se rend partout et la lumière reprend son droit sur les ténèbres et Dieu revient sur sa terre, c’est lui qui l’a créée. Comme son pas est rapide pour aller porter la Bonne Nouvelle de la victoire de l’amour sur le mur du mal dressé entre chacun. Aucune maladie, ni infirmité ne trouve pas remède devant sa puissance, tous retrouvent l’intégrité de ce qu’ils sont, ils renaissent à sa présence et revient les rires et la joie. Dans la pluie ou l’orage, il fait toujours beau quand son pas se fait entendre. Les cœurs battent en chamade, les mères essuient leurs larmes au chevet de leurs enfants malades, les amoureux blessés retrouvent espoir de vivre l’amour et c’est la fête. Les lépreux sortent de leurs trous, les aveugles s’avancent, les boiteux se passent le mot, les infirmes sourient sur leurs grabats et tous les oubliés reprennent vie et ils courent avec les autres.  

Voyant les foules fatiguées comme des brebis sans berger, il parle de l’abondance de la moisson et du petit nombre d’ouvriers pour sa moisson. Elle est consolante cette métaphore de la moisson car qui a-t-il de plus abondant en nombre d’individus qu’un champ de blé. Il n’y a pas de vide dans ce champ. Il veut tout prendre et ne rien perdre. Et ce champ est devant des foules fatiguées et sans berger. On leur enseigne comment rechercher leurs intérêts, comment transformer un lieu de prière en lieu de trafic, on leur enseigne à chasser les malades, à répudier les femmes, à négliger les veuves et les orphelins pourquoi, parce qu’il n’y a pas d’autres moyens d’assurer sa prospérité. Pourquoi, parce que la loi passe avant la personne. À fuir la croix que Jésus vient leur enseigner à porter,  nous souffrons plus : « Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n’est pas digne de moi. » (Matthieu 10:38). À rechercher son plaisir et à se mettre sous la tutelle de la légocratie et aujourd’hui combien pour être heureux se mettre sous la tutelle de chimiocratie ou encore de la robotcratie et de tous ces pouvoirs qui ne font que créer des dépendances et alourdir le poids de l’existence en disant qu’ils l’allègent dans l’immédiat et ne parlent pas du long terme. Les alcooliques oublient que le temps du malaise et plus long que le temps du plaisir et qu’au fil des jours, il n’y aura même plus de plaisir, ce ne sera qu’un esclavage. Jésus nous dit de prendre notre croix et que son fardeau est doux et léger et il sait de quoi il parle puisqu’il la portera : « Oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger. » » (Matthieu 11:30 ) Dans l’immédiat, la croix est moins agréable mais à long terme c’est la victoire de notre liberté et c’est la découverte de la joie d’aimer, car sans liberté il n’y a pas d’amour et Dieu ne veut pas nous rendre dépendant même si nous le sommes, il ne l’impose pas, il nous sert.   Que serait-il arrivé à Jésus sans la croix. Satan lui a offert tous ses royaumes s’il se prosternait à ses pieds(Matthieu 4:8-10), le peuple a voulu le faire roi (Jean 12:11-13 )et les apôtres rêvaient d’un poste important dans son royaume et voulait l’éloigner de la croix : « Mais lui, se retournant, dit à Pierre: « Passe derrière moi, Satan! tu me fais obstacle, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes! » » (Matthieu 16:23) Dieu est Amour et c’est par amour qu’il vient parmi nous pour se donner et nous c’est pour son amour qui nous sauve que nous pouvons accepter de souffrir avec lui pour ne pas renoncer à l’amour pour son amour et s’offrir avec lui pour le salut et conduire le peuple à l’amour. Tout supporter avec patience et allégresse pour son amour, lui qui est descendu dans nos ténèbres pour nous conduire à la lumière de l’amour, alors en refusant d’aimer nous refusons son projet et tout l’amour qu’il a donné pour nous afin de nous libérer de la mort et de la souffrance du mal. 

Les ouvriers sont peu nombreux :

Envoyer ( Hébr.: chalaH; grec: verbe apostellô qui a donné apostolos: littéralement : l’envoyé; ainsi que pempô: envoyer). -L’idée spécifiquement biblique (par rapport aux autres religions) d’envoi et d’envoyé implique, d’une part, que Dieu se préoccupe de la personne auquel il veut communiquer des messages, mais, d’autre part, qu’il reste pleinement libre par rapport à ses créatures comme étant le Maître: c’est lui qui envoie, les personnes ne peuvent jamais être que ses envoyés.

Jésus est l’Envoyé par excellence, il est envoyé par le Père et c’est lui qui a autorité d’envoyer en mission. Il est venu faire la volonté du Père qui est sa nourriture et lui deviendra notre nourriture et ainsi nous pourrons faire la volonté de Dieu et répondre à son appel s’il nous envoie. Autant nous sommes tous guéris par lui, autant nous sommes tous envoyés à sa moisson mais non de la même manière mais selon ce que nous sommes. La moisson pour croître a besoin de tous les éléments qui l’entourent, du soleil, de la pluie, de la terre, du jour et de la nuit, tout un éco-système. Le soleil n’est pas l’abeille qui vient polléniser, mais l’un et l’autre ont un rôle et c’est à chacun de trouver son rôle et remplir avec joie sa fonction quelqu’en soit l’importance. L’important est d’aimer et pour aimer il faut aimer celui qui nous aime le premier et qui est la source de l’amour pour ensuite pouvoir se tourner vers les autres et donner gratuitement ce que nous avons reçu gratuitement. 

NDC