7 déc, Mt 18, 12-14 : Que pensez-vous d’être aimé à ce point?

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Évangile :

« Que pensez-vous de ceci? Si un homme possède cent brebis et que l’une d’entre elles s’égare, ne laissera-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans la montagne pour partir à la recherche de la brebis égarée? Et, s’il parvient à la retrouver — amen, je vous le dis —, il se réjouit pour elle plus que pour les quatre-vingt-dix-neuf autres qui ne se sont pas égarés. 

“Ainsi votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu.” 

Commentaires :

Quel père, quelle mère peuvent aimer leurs enfants avec autant d’ardeur chaque jour de leur vie, chaque instant, de cet amour toujours disposé à se donner entièrement et gratuitement, de cet amour rempli de compassion, de compréhension, de patience, de douceur? Quel papa, quelle maman peuvent aimer tous les enfants, avec le même amour dont ils aiment leurs enfants? Qui peut aimer en s’oubliant entièrement afin que les larmes du prochain soient ses larmes, que sa joie soit sa joie? Qui peut aimer celui qui ne l’aime pas, qui peut aimer sans cesse? Si nous étions amour, nous devrions le demeurer, qu’importe ce que serait la situation. L’eau douce demeure douce, qu’importe qui la boit. L’eau potable reste potable pour tous ceux qui la boivent. Le médecin doit soigner avec le même souci l’étranger comme l’ami. L’amour demeure amour pour celui qui aime, il est toujours dans l’amour. 

Voyez Jésus au puits de Jacob, lui qui n’est qu’amour offre l’amour du Père à la samaritaine. Jésus utilise sa soif pour donner à la samaritaine une eau qui enlève la soif pour toujours. À la demande de Jésus, la femme samaritaine lui dit : ‘Comment! toi qui es Juif, tu me demandes à boire, à moi qui suis une femme samaritaine? ’ (Jn 4,9) Jésus pourrait-il ne plus être celui qui est la source de l’amour venu du Père parce qu’il est devant une samaritaine, ou devant une cananéenne, une asmodéenne, une égyptienne, une judéenne? ‘Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, c’est toi qui l’aurais prié et il t’aurait donné de l’eau vive.’ (Jn 4, 10) Si tu savais le don de Dieu, si tu savais l’amour de Dieu qui vient se donner en son Fils, sur la croix. Si tu savais son cœur ouvert pour laisser jaillir des profondeurs de Dieu l’eau de la vie éternelle. ‘Quiconque boit de cette eau aura soif à nouveau; mais qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif; l’eau que je lui donnerai deviendra en lui source d’eau jaillissant en vie éternelle.’ (Jn 4, 13-14) Jésus brûle de se donner pour ramener au Père tous les enfants de Dieu, il brûle de descendre dans la mort pour retirer tous ses enfants de cette étreinte obscure, d’inonder l’univers de son amour. 

Voyez le choc des disciples qui reviennent du marché en voyant Jésus échanger avec une samaritaine. ‘Là-dessus arrivèrent ses disciples, et ils s’étonnaient qu’il parlât à une femme. Pourtant pas un ne dit : ‘Que cherches-tu? ’ Ou : ‘De quoi lui parles-tu? ’ (Jn 4, 27) Jésus est Jésus le Fils de Dieu pour tous. Il ne se réserve pas à ses amis. Jésus veut attirer tous les êtres à lui, sans exception. Lorsqu’il montera sur la croix comme Agneau de Dieu, il sera entouré de plus d’ennemis que de proches. Il ne cessera de sourire à l’un, de se taire aux vociférations de l’autre, il ne cessera de verser son sang jusqu’à la dernière goutte pour ouvrir le passage de la vie éternelle dans cette vie mortelle. Il volera à la mort l’âme du bon larron aux derniers instants de sa vie. Il l’entraînera avec lui vers le Père. 

‘Aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs, afin de devenir fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant? Et si vous réservez vos saluts à vos frères, que faites-vous d’extraordinaire? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant? Vous donc vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » (Mt 5, 45-48) Vous ne serez pas une eau douce pour l’un et une eau amère pour un autre, vous serez l’un ou l’autre. Être doux et amer à la fois, c’est être imbuvable. ‘Nul ne peut servir deux maîtres : ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent. » (Mt 6, 24) Nous ne pouvons pas être amour si nous n’aimons que ceux qui nous aiment. L’amour est parfaitement amour, le moindre microbe de haine rend malade tout le corps. Qui voudrait d’une santé qui ne serait pas parfaite? 

‘Demeurez en mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez en mon amour, comme moi j’ai gardé les commandements de mon Père et je demeure en son amour. Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète. (…) Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres. » (Jn 15, 9-11.17) Vous aimez de l’amour dont vous êtes aimés. Jésus aime Pierre avec la même ardeur que ce soit pendant son reniement, que lors de ses larmes au chant du coq. Jésus aime Pierre lorsqu’il est suspendu à la croix, il aime Pierre lorsqu’il le voit sauter de la barque en le reconnaissant sur la berge après sa résurrection. Jésus aime, il n’est qu’amour, sa miséricorde est si profonde que les péchés du monde entier ne sont qu’une goutte d’eau dans le brasier ardent de son amour. 

Croyez-vous qu’il cesse de vouloir s’incarner pour venir s’offrir en sacrifice pour chacun parce que ses disciples sont maintenant avec lui? Il pourrait se contenter de tous les saints qui ont vaincu par son sang tout ce qui n’est pas amour et qui sont avec lui pour l’éternité. Pourquoi attendre et attendre encore et revenir dans l’eucharistie se donner en nourriture, demeurer présent parmi nous. Pourquoi, sinon parce qu’il est amour et qu’il n’a de cesse de vouloir nous sauver de l’abîme de solitude qui attend ceux qui ne sont pas parfaitement amour par lui. 

‘Le Seigneur use de patience envers vous ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la pénitence’ (2 Pi  3, 9).

Dieu est patient avec nous. Il nous attend au puits profond, là où nous venons chercher de l’eau dans nos pauvres cœurs chaque jour pour aimer. Il nous attend et il a soif de nous abreuver de son amour afin de faire jaillir en nous la source de l’amour qui vient du Père et de nous libérer de cette contrainte de venir au puits quotidien. ‘Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n’aie plus soif et ne vienne plus ici pour puiser.’ (Jn 4, 15) 

Dieu le Père cherche constamment la brebis égarée, elle fait partie de lui qu’importe où elle se trouve. Il entend son gémissement, son cri, il ressent sa douleur, il meurt avec elle si elle se meurt. Le malade cherche à retrouver la santé afin de reprendre sa dignité. La plus petite blessure nuit au bien-être de tout le corps, la soigner redonne à tous les membres leur intégrité. Ainsi la brebis perdue porte atteinte au cœur du berger, elle lui enlève le sommeil et il ne peut retrouver le repos qu’en la retrouvant. 

Nous sommes aimés de Dieu à un tel point que nous ne pouvons nous en faire une idée pour en ressentir l’intensité. Son amour dépasse les mots. Il ne fait pas que dire qu’il nous aime. Il s’incarne dans la chair dans le sein de la vierge Marie, il vient à nous fragile et désarmé. Il se laisse juger, vendre pour nous racheter, il se laisse flageller, couronner d’épines, lui le Roi des rois. Qui peut comprendre un tel amour pour venir chercher des pécheurs qui ne l’aiment pas? Qui peut saisir un tel amour qui accepte de prendre sur lui nos douleurs pour nous éviter des souffrances éternelles? Tout l’amour qu’il déploie pour nous sauver montre l’inestimable valeur qu’il nous a donnée en nous créant. Chacun de ses enfants vaut plus que tout l’univers. Il a compté tous les cheveux de la tête de tous ses enfants et il n’y en a pas un seul qui tombe sans qu’il le sache. ‘Et vous donc! vos cheveux même sont tous comptés! Soyez donc sans crainte; vous valez mieux, vous, qu’une multitude de passereaux. » (Mt 10, 30-31)

‘Avant la fête de la Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde vers le Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin. » (Jn 13, 1) ‘Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le donna aux disciples en disant : ‘Prenez, mangez, ceci est mon corps.’ Puis, prenant une coupe, il rendit grâces et la leur donna en disant : ‘Buvez-en tous; car ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui va être répandu pour une multitude en rémission des péchés.’ (Mt 26, 26-28)

Que pensez-vous de ceci? Que pensez-vous d’être aimé à ce point?  

NDC