9 mai, Jn 10,1-10 : Mais qui ouvrira la porte?

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9 mai, Jn 10,1-10 : Mais qui ouvrira la porte?

Évangile :
 « Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans la bergerie sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c’est lui le pasteur, le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un inconnu, elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne reconnaissent pas la voix des inconnus. »
Jésus employa cette parabole en s’adressant aux pharisiens, mais ils ne comprirent pas ce qu’il voulait leur dire. C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : je suis la porte des brebis.
Ceux qui sont intervenus avant moi sont tous des voleurs et des bandits; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger et détruire. Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance.

Commentaires :

Une bergerie est le lieu où s’abritent les moutons. Le berger les conduit à cet abri pour les protéger des voleurs, loups ou autres prédateurs. La nuit dans un champ, le berger ne parviendrait pas à veiller sur chacun de ses moutons sans risquer d’en perdre. Il les conduit donc dans la bergerie, il ferme bien la porte après les avoir bien comptés, l’un après l’autre. L’endroit est soigneusement préparé, la paille, l’eau et tout ce qu’il faut pour que chacun trouve son aise.

Au soleil levant, lorsque la porte s’ouvrira et que se dressera dans le contre-jour la silhouette du pasteur, moutons, brebis et agneaux se lèveront et regarderont dans sa direction. Ils ne verront qu’une ombre, mais ils connaissent bien sa voix, sa manière d’ouvrir la porte, son odeur. Ils reconnaissent son pas avant même que la porte s’ouvre pour faire entrer la lumière. Si un inconnu tentait de se substituer au pasteur, ce serait la panique et le désordre dans le troupeau.

À la parabole de Jésus, les pharisiens ne comprennent pas ce qu’il voulait leur dire. Qui sont les moutons, qui sont le pasteur, le voleur, l’inconnu, le bandit? Jésus les voit bien s’interroger pour savoir comment le piéger avec cette parabole. Ils ne savent pas comment objecter, comment s’introduire dans sa parole et la détruire. Ils craignent que la foule le suive en écoutant sa parole.

Jésus reprendra en disant : “Amen, amen, je vous le dis : je suis la porte des brebis.” Dans les têtes, l’étonnement est à son comble. Il serait la porte. Il faudrait donc passer par lui pour sortir de la bergerie et aller vers de gras pâturages. Il est la porte! Mais qui ouvre la porte? Une porte ne s’ouvre pas toute seule.

« Entrez par la porte étroite. Elle est grande, la porte, il est large, le chemin qui conduit à la perdition; et ils sont nombreux, ceux qui s’y engagent. Mais elle est étroite, la porte, il est resserré, le chemin qui conduit à la vie; et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent. Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans ce sont des loups voraces. » (Mt 7, 13-15) Elle est étroite la porte qui mène à la vie. La porte qui mène à la vie invite à tout perdre pour entrer dans la vie, les portes qui mènent à la mort invitent au contraire à tout gagner pour sauver sa vie. “Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruits. Celui qui aime sa vie la perd; celui qui s’en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle.” (Jn 12, 24-25)

Jésus est la porte qui ouvre sur la vie éternelle, là où est le Père.

Mais qui ouvrira la porte? Ce sont ceux-là mêmes qui ne comprennent pas ce que dit Jésus qui ouvriront la porte qui attira à lui toute l’humanité : “Voici maintenant que ce monde est jugé; voici maintenant que le prince de ce monde va être jeté dehors; et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes.”  (Jn 12, 31-32)

La porte de bois s’ouvrira lorsque Jésus sera élevé sur la croix, c’est lui l’Agneau de Dieu qui en donnant sa vie nous réconcilie avec le Père et se fait porte vers la vie. “Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie; personne ne va vers le Père sans passer par moi.” (Jn 14, 6)

Comment celui qui offre sa vie pour tous ne serait-il pas la porte? Jésus ouvre une porte dans la mort en descendant dans la mort pour en ressortir vivant. À qui fera-t-il du mal pour atteindre sa victoire, contre qui lèvera-t-il l’épée? Le mal, il le prendra sur lui et personne ne subira ses foudres, personne ne sera volé, égorgé, détruit. Il est venu pour ne faire aucun mal et il n’en fera pas plus à ceux qui lui en font. Il est venu pour que l’humanité ait la vie en abondance.

Si les pharisiens pouvaient entendre tout cet amour dans les paroles de Jésus, ils se prosterneraient devant lui.

Qui peut ouvrir les portes de la mort, qui peut nous libérer de tout mal afin que nous vivions dans l’unité et l’amour, un amour sans aucun microbe pour tout contaminer, sans le moindre petit virus?

“Qui donc est digne d’ouvrir le Livre et d’en briser les sceaux?” Mais personne, au ciel, sur terre ou sous la terre, n’était capable d’ouvrir le Livre et d’en regarder le texte. » (Apo 5, 2-3)

Personne ne peut ouvrir le tombeau, le livre où est inscrit le nom de tous les vivants qui sont passés sur terre pour les ramener à la vie, les conduire dans les bras de leurs amours.

Moi, je suis la Porte, je connais chacun par son nom, dit Jésus.

« Ne pleure pas. Voilà qu’il a remporté la victoire, le lion de la tribu de Juda, le descendant de David : il ouvrira le Livre aux sept sceaux. » Et voici ce que j’ai vu encore : en face du Trône, en face des quatre Vivants et des Anciens, il y avait un Agneau ; il se tenait debout, et il était comme immolé » (Ap 5, 5-6)

Sur la porte est cloué un Agneau immolé, il ressuscitera au troisième jour, il montera au ciel… La porte étroite est grande ouverte.

« Tu es digne de prendre le livre et d’en ouvrir les sceaux, car tu fus égorgé et tu rachetas pour Dieu, au prix de ton sang, des hommes de toute race, langue, peuple et nation; tu as fait d’eux pour notre Dieu une Royauté de Prêtres régnant sur la terre. » (Apo 5, 9-10)

Le vrai pasteur s’est fait agneau pour sauver les brebis, il s’est fait porte pour se faire chemin vers l’inaccessible.

« Digne est l’Agneau égorgé de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l’honneur, la gloire et la louange. » Et toute créature, dans le ciel, et sur la terre, et sous la terre, et sur la mer, l’univers entier, je l’entendis s’écrier « A Celui qui siège sur le trône, ainsi qu’à l’Agneau, la louange, l’honneur, la gloire et la puissance dans les siècles des siècles! » Et les quatre Vivants disaient : « Amen! » et les Vieillards se prosternèrent pour adorer. » (Apocalypse 5 : 13-14)

Quelle est la porte que j’ouvre à chaque matin pour traverser la journée? La porte de l’amour de don est bien la seule à ouvrir pour répandre la vie en nous et autour de nous par l’Esprit que l’on reçoit en traversant le seuil de la porte en forme de croix.

NDC